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    Le Vivier emménage au Gesù

    Le ministère de la Culture cherche donc (encore) une nouvelle vocation pour l’édifice Saint-Sulpice

    26 février 2014 |Frédérique Doyon | Musique

    Le Vivier s’est trouvé un nouveau toit. Le regroupement d’une trentaine d’organismes de musiques nouvelles s’installe en résidence au Gesù, au centre-ville de Montréal, pour au moins trois ans. Pendant ce temps, l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, où le groupe devait s’établir à demeure, retourne dans ses limbes vocationnels.

     

    Le ministère de la Culture et des Communications a annoncé mardi un accord de principe de 600 000 $ pour financer l’aménagement du théâtre de la rue de Bleury afin d’accueillir les concerts des quatuors Bozzini, Molinari et autres Constantinople membres du Vivier, qui y aura aussi ses bureaux.

     

    « Ce moment marque une étape déterminante dans l’atteinte de l’objectif que nous partageons et qui est de doter le secteur des musiques actuelles d’un lieu d’ancrage », a affirmé le ministre Maka Kotto. L’enveloppe de son ministère permettra d’améliorer l’acoustique de l’amphithéâtre de 425 places du Gesù et de rénover le foyer à l’entrée pour y installer un café.

     

    « On occupera principalement l’amphithéâtre 15 semaines par année, mais aussi l’espace Aline Letendre, la salle d’Auteuil, l’église et l’éventuel café, explique Pierrette Gingras, directrice générale du Vivier, qui compte bien y lancer sa prochaine saison après les travaux de l’été. Il y aura un “focus musiques nouvelles” une semaine par mois. »

     

    « Le Gesù est un espace de rencontres, d’échanges. On a plusieurs salles de spectacle, des salons, des bureaux, tout ça correspondait à la demande du Vivier de créer un carrefour des musiques nouvelles », indique Jocelyne Bilodeau, directrice artistique du théâtre pluridisciplinaire, qui concentrera ses activités sur les 35 autres semaines du calendrier.

     

    La formule de partage des espaces réjouit autant le nouveau résident que son hôte. « Un coup de génie du ministère », qui a saisi les besoins et attentes des organisations, selon Mme Gingras. « Les deux organismes se renforcent à travers ce projet-là. » Leur connivence permet notamment de redonner vie au projet de jardins du Gesù, qui rejoint le concept de jardins sonores du Vivier.

     

    Ouvert en 1865 dans l’église du même nom, devenu lieu de spectacles en 1923, le Gesù, qui ne reçoit pas de financement public, peut ainsi bénéficier par la bande du soutien accordé au Vivier pour entretenir et améliorer son bâtiment patrimonial, classé par Québec en 2012.

     

    À l’enveloppe ministérielle s’ajoute une bonification du budget de fonctionnement du Vivier de 100 000 $ venue du Conseil des arts et des lettres du Québec, récurrente pendant trois ans. Après quoi, le locataire en résidence pourrait bien devenir un locataire permanent du Gesù comme il le souhaite.

     

    « Le plan, c’est de se donner un an, un an et demi pour arriver à un projet global, parce que nous, ce qu’on veut, c’est signer un bail pour au moins 30ans », indique Mme Gingras.

    ***

    Quel avenir pour le Saint-Sulpice?

    Le déménagement du Vivier au Gesù laisse vacante l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice. L’édifice patrimonial de style beaux-arts a été racheté in extremis par le ministère de la Culture à l’UQAM en 2007. Le Vivier a remporté l’appel de propositions lancé par les libéraux en 2010, en vue d’occuper le bâtiment. Mais après les élections et l’examen des coûts, jugés trop élevés, le gouvernement péquiste a invité Le Vivier à envisager d’autres toits temporaires ou permanents. 

    « Habiter un lieu comme ça, ça prend beaucoup d’argent; pas juste pour le rénover, mais au quotidien », indique la directrice du Vivier, Pierrette Gingras, un petit filet de regret dans la voix malgré le bonheur d’intégrer le Gesù. La seule mise aux normes de Saint-Sulpice a été évaluée à 6 millions de dollars. 

    « Le ministère entend assumer pleinement son rôle de propriétaire et poursuit sa réflexion pour trouver une nouvelle vocation », a indiqué mardi au Devoir l'attaché de presse du ministre Kotto, Marc-André de Blois.

    Maison du patrimoine, bibliothèque-musée des arts vivants, satellite de la Cinémathèque font partie des projets d’occupation qui ont été envisagés par le passé.













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