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    Montréal en lumière

    L’heure de soie

    23 février 2014 23h33 |Yves Bernard | Musique
    Constantinople et En Chordais
    À la Maison symphonique

    L’ensemble montréalais Constantinople invitait dimanche ses vieux complices du groupe grec En Chordais pour une plongée dans le monde de Marco Polo, célèbre marchand vénitien au parcours pour le moins singulier jusqu’aux terres de l’empereur mongol Kublai Khan. Pour ce faire, on n’a pas lésiné sur les moyens en faisant appel à l’écrivaine Vasiliki Nevrokoplis qui a écrit un texte pour l’occasion, de même qu’à Marcel Sabourin à la narration, à Wen Zhao au pipa chinois et au maître de sarangi de Mumbai, Dhruba Ghosh.

     

    En tout, onze artistes sur scène, plutôt que deux groupes et leurs invités, car le mariage s’est consommé : avec délicatesse plus que par la violence sonore. Ce n’était pas vraiment la fête au village, mais plutôt un questionnement sur le sens du voyage et les processus intérieurs des gens sur la route. On y racontait des récits des voyages aussi rapides que le vent. Et la musique suivait. On relatait cette rencontre entre un jeune marchand venu de loin qui se transforme en conteur pour un empereur qui lui accorde sa confiance et les musiciens fusionnaient l’Europe et l’Orient.

     

    Les deux ensembles sont complémentaires : En Chordais lorgne en quintette vers le Moyen-Orient à partir de la Grèce, alors que Constantinople s’appuie sur une musique persane qui devient le prétexte pour un départ vers toutes les aventures. Les deux peuvent parfaitement s’adapter au son plus terrien du pipa chinois ou au raga que lance avec grande maîtrise Dhruba Ghosh. Ils ont tous en commun la subtilité du son, souvent l’introspection et la spiritualité. Même lorsque leur musique s’anime, on perçoit une certaine intériorité.

     

    Le concert fut une réussite, même s’il manquait le chant diphonique ou les couleurs plus rugueuses du morin khuur mongol, le violon cheval que l’on entend sur le disque. À défaut de ce type de chevauchée sonore, on pénétrait dans de splendides dialogues entre les cordes comme le oud et le sétar persan. De la Venise du Moyen Âge à la Chine en passant par l’Inde, la Turquie, l’Iran et tout le reste de la route de la soie, les artistes ont très bellement uni leurs univers.


    Collaborateur

    Constantinople et En Chordais
    À la Maison symphonique












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