Disque – Saulem Ai, Violons barbares

Avec leurs accents sauvages et leurs rythmes galopants, les Violons barbares furent l’une des révélations du plus récent Festival du monde arabe. Ils sont étonnants, haletants, lyriques, tragiques. Ils forment trois entités culturelles qui se fondent l’une à l’autre dans la plus belle harmonie. Dandarvaanchig Enkhjargal, de Mongolie, au morin khoor, le violon cheval; Dimitar Gougov, de Bulgarie, à la Gadulka; Fabien Guyot, de France, au doun doun, au bendir, à la darbouka et aux bongos, tapés avec doigts, ongles, mains, mailloches et balais. Les trois chantent, parfois à l’unisson, en explorant la voix harmonique aux deux sons en même temps, ou le timbre grave, éraillé, qui accompagne le chant céleste. On lorgne l’Asie centrale jusqu’au Kazakhstan et à l’Afghanistan, on revient en Europe centrale et on compose dans tout cela. On se fait contemplatif sur des rythmiques emportées et des transitions rapides avec des coups de vièles spectaculaires. Une superbe re-découverte!