Disque – Li’l Andy, While the Engines Burn

Le country-roots montréalais est aussi anglo, me disais-je au lendemain de l’Open Country des Mountain Daisies, en écoutant ce disque magnifique et poignant, le quatrième de ce véritable singing hobo local. Une prochaine fois, tiens, c’est Li’l Andy qu’il faudrait inviter. Ce Canadien errant, dont le précédent album a été enregistré dans le majestueux vide de l’église Saint-Jean-Baptiste, présente ici une série de cartes postales d’un autre temps, sorte de traversée (en train, d’où le titre) from coast to coast fin XIXe début XXe. Une voix grave, un regard un peu fou sous le chapeau de cowboy, on est quelque part entre Leonard Cohen et Gordon Lightfoot, dans la famille de musique de Patrick Watson, avec Joe Grass pas loin pour les arrangements de cuivres, les guitares et le pedal steel. Histoires de départs (The One We Loved Who Had to Leave), d’imbuvable solitude (On the Long and Lonely Ride), évocation de terribles événements (And the Rains Came Down), on voyage et on voit. On vit, quoi.