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    Concerts classiques - Finlandaise, gauchère, compositrice

    4 novembre 2013 |Christophe Huss | Musique

    Orchestre symphonique de McGill

     

    Verdi : Hymne, Marche et Danses de l’acte II d’Aïda.
    Wagner : Prélude à l’acte III de Lohengrin.
    Kaija Saariaho : Laterna magica.
    Ravel : Daphnis et Chloé, Suite n° 2.
    Direction : Alexis Hauser.
    Maison symphonique de Montréal, dimanche 3 novembre

    Le concert de dimanche était le premier à la Maison symphonique de l’Orchestre symphonique de McGill, sous la direction de l’excellent Alexis Hauser. Pour cette occasion, la Place des Arts de Montréal affichait sur son site Internet que le programme comporterait « La Prélude tirée de l’acte III de Lohengrin de Wagner » et « Le Daphnis et Chloé, Suite no 2 de Ravel ». Et on appelle cela, en bon français, une institution culturelle montréalaise !

     

    Pas plus que les extraits orchestraux d’Aïda de Verdi, Wagner et Ravel n’étaient le sujet du concert devant un aréopage de personnalités de McGill. À ce titre, « le meilleur orchestre universitaire au Canada », comme l’a qualifié le doyen Sean Ferguson, méritera une autre occasion d’y briller, un concert dont il sera vraiment la vedette.

     

    Car l’objet de l’après-midi était la présentation de Laterna magica (2008, révisé en 2009) de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho et, surtout, la remise, à celle-ci, d’un doctorat honoris causa de l’Université McGill. L’un des plus fidèles défenseurs de sa musique, Kent Nagano, était là en personne pour prononcer le discours d’intronisation. Sa brillante dissertation sur l’accession d’une création musicale au rang de chef-d’oeuvre intemporel fut un moment tout à fait remarquable. Comme le doyen Ferguson, Kent Nagano - contrairement aux autres intervenants - a magistralement géré la délicate question linguistique en entamant son discours en français, avec quelques traits d’humour bien placés, avant de se lancer dans une analyse très fine du chef-d’oeuvre de Saariaho, l’opéra L’amour de loin.

     

    Au contraire, les paroles au ras des pâquerettes de la récipiendaire, qui en tant que « compositrice, finlandaise, femme et gauchère » avouait « représenter plusieurs minorités », ont été bien décevantes. Cette occasion et Montréal n’étaient pas le lieu de régler les comptes de Mme Saariaho avec Bruno Mantovani, compositeur et directeur du Conservatoire de Paris, qui s’est signalé récemment par des propos jugés sexistes. Et on attendait autre chose que des diatribes contre la « société commerciale et la domination masculine ». La chose avait au moins le mérite de la brièveté.

     

    Suivait Laterna magica, titre de l’autobiographie d’Ingmar Bergman et nom de l’un des premiers appareils donnant l’illusion d’images animées. Il y est beaucoup question de la vitesse du mouvement qui influe sur la perception du matériau musical. Bergman, mort pendant la composition, n’a jamais entendu Laterna magica, créé par Simon Rattle et le Philharmonique de Berlin. L’oeuvre de 22 minutes a de « Bergmanien » un important passage en chuchotements, qui aboutissent sur le mot « Licht » (lumière), et de nombreux passages « venteux », où le souffle domine le son aux flûtes. Par ailleurs, les déploiements de Laterna magica pourraient très bien évoquer Rainer Werner Fassbinder ou Michelangelo Antonioni.

     

    Laterna magica, joué par de grands orchestres, notamment celui de Cleveland à Carnegie Hall, et enregistré en Finlande, s’impose comme une oeuvre d’une grande maestria d’orchestration. Elle ne s’inscrit dans aucun mouvement, mais se situe dans cette vague post-spectrale qui ne cherche pas à être narrative. Le propos voulant que des variations de rythme ou de mouvements influent sur la perception des textures et couleurs est vraiment bien mené, mais la composition, assez générique, est loin de provoquer les frissons de L’amour de loin.

     

    Prochaine présence de Kaija Saariaho : mai 2014 pour la création de son oeuvre pour orgue et orchestre à l’occasion de l’inauguration de l’orgue Pierre-Béïque.

     
     
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