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    Concerts classiques - Mise en bouche prometteuse

    30 septembre 2013 |Christophe Huss | Musique

    Heureux qui comme…

     

    Concert inaugural de la Série Hommage à Denis Gougeon.
    Gougeon : Heureux qui comme… (1987). En accordéon (2004).
    John Zorn : For your eyes only (1989), Adams : Chamber Symphony (1992).
    Marie-Danielle Parent (soprano), Joseph Petric (accordéon), Ensemble de la SMCQ, Walter Boudreau.
    Salle Pierre-Mercure, vendredi 27 septembre 2013.

    Les lecteurs qui auraient manqué le concert peuvent le voir intégralement a posteriori sur Internet.

     

    Si le concert inaugural de la Société de musique contemporaine du Québec, présenté devant une salle bondée (qui, certes, se vida de moitié à la pause) devait nous convaincre de la légitimité de cheminer une saison durant en compagnie de la musique de Denis Gougeon, le pari a été gagné haut la main.

     

    En programmant Heureux qui comme…, pour voix et ensemble, et En accordéon, l’un des rares concertos convaincants pour cet instrument, tant il réussit avec ingéniosité et sensibilité l’intrication des caractéristiques sonores de l’accordéon et des colorations orchestrales, Walter Boudreau a d’emblée su concevoir une mise en bouche des plus prometteuses.

     

    Boudreau m’ôte les mots de la plume en caractérisant on ne peut mieux la musique de Gougeon : « Également “savante”, elle possède cette immense qualité de ne jamais tomber dans le piège de la musica reservata en maintenant ce fragile équilibre entre une expression de nature “spontanée”, mais bien assise sur une solide architecture structurelle. »

     

    En termes plus crus, Gougeon est un phare de notre création musicale : il ne se regarde pas composer, ne tire pas plaisir à prendre une posture de génie incompris, a de la considération pour l’auditeur, possède un langage propre et ne recycle pas des formules absconses et éculées. Et pour tout dire - et employer un terme honni dans ce milieu, le pragmatisme - si l’un des artistes, tel le tromboniste finlandais Magnus Lindberg ou la flûtiste israélienne Sharon Bezaly, qui suscitent de nombreuses créations à travers le monde, cherchait à solliciter un compositeur d’ici pour la composition d’un concerto, à l’aune des oeuvres pour voix et pour accordéon entendues vendredi, le nom de Denis Gougeon serait à considérer dans le trio de tête.

     

    La présente saison nous permettra de valider ou non l’idée selon laquelle Gougeon pourrait incarner une ère post-Claude Vivier évoluant vers une création rassérénée partant à la rencontre de l’auditeur.

     

    Le concert de vendredi - accessible en webdiffusion sans que personne ait été prévenu, d’où une cinquantaine de visionnages pour l’heure - a aussi séduit par sa programmation astucieuse, associant un classique de la fin du XXe siècle, la Symphonie de chambre de John Adams et une oeuvre patchwork échevelée et souvent drôle de John Zorn, agencée en modules serrés comme un Rubik’s Cube sonore jamais résolu.

     

    Cela fait belle lurette que je n’avais entendu une ouverture de saison de SMCQ aussi déterminée et déterminante, l’engagement des interprètes faisant par ailleurs plaisir à voir.













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