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    Musique classique - Inconcevable? Vraiment?

    23 septembre 2013 |Christophe Huss | Musique
    Quatuor Molinari
    Goubaïdoulina : Freue dich ! pour violon et violoncelle (1981, rev. 1988). Trio pour violon, alto et violoncelle (1988). Quatuor à cordes n° 2 (1987). Reflections on the Theme B-A-C-H (2002). Quintette pour piano et quatuor à cordes (1957). Louise Bessette (piano), Quatuor Molinari. Conservatoire de musique, vendredi 20 septembre 2013.

    Dans la formation qui est la sienne depuis 2007 - Olga Ranzenhofer, Frédéric Bednarz, Frédéric Lambert et Pierre-Alain Bouvrette - le Quatuor Molinari a franchi un pas décisif, celui qui distingue la formation « locale », dédiée à la musique de notre temps, de l’ambassadeur international de l’excellence musicale québécoise.

     

    Ce potentiel s’accompagne d’une vision artistique ouverte à ce qui vient d’ailleurs, mais aussi à des courants variés et à ce qui nous manque cruellement ailleurs : la présentation des « classiques de la fin du XXe siècle ». L’approche des derniers quatuors de Chostakovitch, puis des quatuors de Schnittke s’inscrit dans cette veine et amenait logiquement au choix de Sofia Goubaïdulina, déclinée samedi à travers des oeuvres pour 2, 3, 4, et 5 instrumentistes.

     

    Avant les oreilles, l’oeil était cependant attiré, dans le programme, par une citation d’une critique sur Schnittke parue dans le magazine Gramophone - celui qui s’autoproclame le meilleur du monde : « Il est inconcevable qu’aucun autre groupe puisse mieux jouer cette musique que le Quatuor Molinari de Montréal. »

     

    J’ai vérifié : ce n’est pas une erreur de traduction. « Inconcevable » ! Alors ou bien Monsieur Clark, le signataire, et son rédacteur en chef ne connaissent pas le sens des mots ou nous avons là les tristes relents nostalgiques du passé colonisateur britannique qui n’a aucune vergogne à nous contempler comme le fion du monde musical. Aurait-on pu imaginer une seconde « inconcevable » que les Quatuor Arditti ou Kronos jouent bien Schnittke ?

     

    Nous avons de bonnes nouvelles pour Monsieur Clark : oui, le Quatuor Molinari est d’ici et non, nous ne sommes pas des sous-quelque chose. Et nous avons encore de meilleures nouvelles : le Quatuor Molinari a prouvé une fois de plus vendredi qu’il est de classe mondiale et oui, sur un terrain différent que celui des Kronos, il a une vraie place à prendre sur l’échiquier planétaire face à l’essoufflement des Arditti.

     

    À part des flottements sérieux aux deux violons dans le Larghetto du Quintette, la tenue d’ensemble fut remarquable, notamment dans les deux quatuors et l’ingénieux trio (qui passe de l’union à la disharmonie). Quant au portrait de Gubaïdulina, l’alliance rare dans son langage de la recherche et de l’expression émergeait parfaitement.

     

    Cela dit, commencer par le plus ardu (le duo Freue Dich !, où Bednarz et Bouvrette tentaient de ne pas pâlir face au souvenir de Kremer et Yo-Yo Ma) et finir par un travail d’étudiant (le très chostakovien quintette) habile mais sans lendemain, était un choix certes concevable mais discutable…













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