L'ADISQ a 25 ans - La chanson monte au front
L'heure n'est pas à la fête dans l'industrie québécoise du disque et du spectacle, malgré le quart de siècle de son association et de son gala. Internet tue le disque, se plaint-on. Et les radios n'aident pas beaucoup. Des solutions? L'ADISQ en a.
Vingt-cinq ans de vie associative, cela se célèbre, bretelles pétées, bedaines flattées et tout ce que cela suppose de récapitulatifs et d'autocongratulations: de fait, on se les pétera et on se les flattera comme il se doit d'ici au gala du dimanche 26 octobre. Mais hier, le déjeuner de presse auquel l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (l'ADISQ) conviait ses membres, ses anciens présidents et les médias était plus solennel que festif. Bretelles en place, des fois que tout le monde se retrouverait culottes baissées. Hier, pour dire les choses crûment, l'industrie a avoué qu'elle avait peur à ses fesses. Et l'industrie a réagi en bottant quelques derrières.
La fidèle Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l'ADISQ, a certes relevé les bons coups du regroupement depuis 1978: quotas mis en place pour la diffusion de chansons d'ici, redevances obtenues pour les interprètes et les producteurs, hausse du financement des entreprises, bonification du statut de l'artiste, sans oublier les cotes d'écoute et indéniables retombées de la grande séance annuelle de lèche-vitrine qu'est le gala. Mais elle-même avait le ton alarmiste, évoquant le «profond séisme qui secoue notre industrie» avant de laisser son nouveau président Yves-François Blanchet (gérant des Éric Lapointe et cie, et nouveau locataire du Cabaret du Plateau) passer à l'action.
Car c'est bien de cela qu'il s'agissait. Ce déjeuner anniversaire n'était rien de moins qu'un appel aux armes: oui, il faut «s'attaquer à la notion de gratuité» (c.-à-d. les 2,6 milliards de fichiers musicaux téléchargés à l'oeil par mois sur Internet), et oui, il faut «défendre la diversité musicale» contre les pratiques actuelles des radios commerciales, qui jouent tout le temps les mêmes chansons: les 15 titres en tête du palmarès s'arrogeraient 50 % des ondes, selon les chiffres de Blanchet. Le président de l'ADISQ ne se demandait pas hier comment pourrait prospérer son membership, mais bien comment les artistes et leurs producteurs survivront, jamais payés pour des oeuvres désormais échangées comme des billes dans une cour de récré, jamais diffusées par des radios plus préoccupées par la rentabilité à courte vue qu'à la véritable variété variée, garante de fidélité à long terme.
Pas gêné, Blanchet est monté sur le front Internet avec la solution d'affaires la plus plausible: faire payer les fournisseurs d'accès. L'ADISQ demandait hier officiellement aux Sympatico et consorts une «juste et équitable rétribution», à savoir 3 % de leurs faramineux revenus. Sur les 1,9 milliard de dollars canadiens par an qu'amassent les fournisseurs d'accès (selon l'ADISQ, toujours), l'industrie se partagerait ainsi quelque 57 millions. Demande «conviviale» d'abord: l'artillerie juridique suivra, le cas échéant.
On saura gré à Blanchet, même si celui-ci se disait «assez content» des poursuites intentées aux États-Unis contre les téléchargeurs les plus actifs, de ne pas jouer trop lourdement la carte de la coercition: hier, il parlait surtout de «valoriser la musique et ceux qui la transportent». Distribué à l'entrée, un document intitulé Pour une musique au pluriel, entre cahier commémoratif, constat des dommages et manifeste, en disait plus long: «[...] les efforts de l'ADISQ et de ses partenaires devront porter également, et porteront, sur le rétablissement d'une communauté d'intérêts et de liens commerciaux entre le milieu de la musique et l'amateur lui-même.» On en reparlera.
Vingt-cinq ans de vie associative, cela se célèbre, bretelles pétées, bedaines flattées et tout ce que cela suppose de récapitulatifs et d'autocongratulations: de fait, on se les pétera et on se les flattera comme il se doit d'ici au gala du dimanche 26 octobre. Mais hier, le déjeuner de presse auquel l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (l'ADISQ) conviait ses membres, ses anciens présidents et les médias était plus solennel que festif. Bretelles en place, des fois que tout le monde se retrouverait culottes baissées. Hier, pour dire les choses crûment, l'industrie a avoué qu'elle avait peur à ses fesses. Et l'industrie a réagi en bottant quelques derrières.
La fidèle Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l'ADISQ, a certes relevé les bons coups du regroupement depuis 1978: quotas mis en place pour la diffusion de chansons d'ici, redevances obtenues pour les interprètes et les producteurs, hausse du financement des entreprises, bonification du statut de l'artiste, sans oublier les cotes d'écoute et indéniables retombées de la grande séance annuelle de lèche-vitrine qu'est le gala. Mais elle-même avait le ton alarmiste, évoquant le «profond séisme qui secoue notre industrie» avant de laisser son nouveau président Yves-François Blanchet (gérant des Éric Lapointe et cie, et nouveau locataire du Cabaret du Plateau) passer à l'action.
Car c'est bien de cela qu'il s'agissait. Ce déjeuner anniversaire n'était rien de moins qu'un appel aux armes: oui, il faut «s'attaquer à la notion de gratuité» (c.-à-d. les 2,6 milliards de fichiers musicaux téléchargés à l'oeil par mois sur Internet), et oui, il faut «défendre la diversité musicale» contre les pratiques actuelles des radios commerciales, qui jouent tout le temps les mêmes chansons: les 15 titres en tête du palmarès s'arrogeraient 50 % des ondes, selon les chiffres de Blanchet. Le président de l'ADISQ ne se demandait pas hier comment pourrait prospérer son membership, mais bien comment les artistes et leurs producteurs survivront, jamais payés pour des oeuvres désormais échangées comme des billes dans une cour de récré, jamais diffusées par des radios plus préoccupées par la rentabilité à courte vue qu'à la véritable variété variée, garante de fidélité à long terme.
Pas gêné, Blanchet est monté sur le front Internet avec la solution d'affaires la plus plausible: faire payer les fournisseurs d'accès. L'ADISQ demandait hier officiellement aux Sympatico et consorts une «juste et équitable rétribution», à savoir 3 % de leurs faramineux revenus. Sur les 1,9 milliard de dollars canadiens par an qu'amassent les fournisseurs d'accès (selon l'ADISQ, toujours), l'industrie se partagerait ainsi quelque 57 millions. Demande «conviviale» d'abord: l'artillerie juridique suivra, le cas échéant.
On saura gré à Blanchet, même si celui-ci se disait «assez content» des poursuites intentées aux États-Unis contre les téléchargeurs les plus actifs, de ne pas jouer trop lourdement la carte de la coercition: hier, il parlait surtout de «valoriser la musique et ceux qui la transportent». Distribué à l'entrée, un document intitulé Pour une musique au pluriel, entre cahier commémoratif, constat des dommages et manifeste, en disait plus long: «[...] les efforts de l'ADISQ et de ses partenaires devront porter également, et porteront, sur le rétablissement d'une communauté d'intérêts et de liens commerciaux entre le milieu de la musique et l'amateur lui-même.» On en reparlera.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

