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    Chanter jusqu’aux orteils

    De passage au Québec, la contralto Marie-Nicole Lemieux raconte l’année magique qui l’a menée de la Scala à l’Opéra Bastille

    25 mai 2013 |Christophe Huss | Musique
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	Longtemps chouchoute de la scène parisienne, Marie-Nicole Lemieux est en train de conquérir ce statut dans toute l’Europe.</div>
    Photo: Geneviève LeSieur
    Longtemps chouchoute de la scène parisienne, Marie-Nicole Lemieux est en train de conquérir ce statut dans toute l’Europe.
    Marie-Nicole Lemieux est incontestablement notre plus grande vedette internationale dans le domaine de l’art lyrique. Après deux concerts à Québec, elle se produira ce samedi à la Maison symphonique de Montréal, à 19 h 30, aux côtés de sa consoeur et amie Karina Gauvin dans Theodora de Haendel, dirigé par Bernard Labadie, à la tête des Violons du Roy.

    Marie-Nicole Lemieux a beaucoup chanté la musique baroque. Elle opte aujourd’hui davantage pour Verdi et Rossini. Retomber dans Haendel est, en ce qui concerne la gestion de la voix, un vrai choc : « Ce n’est pas que je n’aime pas faire des coloratures, mais les coloratures baroques commencent à me peser. Avec Rossini, je me sens libérée, car il y a la rapidité et l’agilité, mais, aussi, le temps de respirer. Respiration naturelle et bel canto, c’est exactement là où je veux aller », dit au Devoir la chanteuse amatrice de legato, d’égalité du timbre et de couleurs.


    Heureusement, le rôle d’Irène dans Théodora est « très lyrique et très intérieur ». « C’est bien d’avoir chanté Rossini avant d’aborder ce rôle, car la ligne n’arrête pas, alors que dans le baroque la ligne arrête souvent. » Marie-Nicole Lemieux, dont la voix a gagné en assise, a déjà bénéficié de l’expérience Rossini pour mieux chanter Haendel, l’an passé, lorsqu’elle a enchaîné L’Italienne à Alger avant d’aborder Ariodante : « Je chantais avec beaucoup plus de facilité. Mais, en même temps, je me disais : “Je n’ai pas envie de me faire subir ça.” C’était plus facile, mais mon corps se défendait. » On peut donc présager un avenir plus romantique à Marie-Nicole Lemieux.

     

    Une année magique


    La présentation de Marie-Nicole Lemieux comme notre grande vedette lyrique n’est pas usurpée. Longtemps chouchoute de la scène parisienne, elle est en train de conquérir ce statut dans toute l’Europe.


    Sa saison 2012-2013, décrite par la chanteuse comme « un feu roulant de superbes expériences », est marquée par sa première apparition à la Scala de Milan dans Falstaff de Verdi. Même si le niveau de la Scala n’est plus aussi indiscutablement référentiel, la scène reste mythique. Marie-Nicole Lemieux y a connu des conditions de travail parfois étranges - une seule répétition sur scène avec orchestre, 14 jours sans chanter… - mais a été adoptée autant par le public que par le personnel du théâtre. « Quand je suis arrivée à la première, j’ai chanté jusqu’aux orteils ; je me suis payé la traite ! » Elle a vite senti l’effet du bouche à oreille. « Chaque soir, il y avait de plus en plus de monde pour des autographes et, à la dernière, ça criait quand je revenais. C’était une belle victoire morale et aussi pour le Québec, car dans l’univers collectif, la Scala, c’est quelque chose. Imaginez mes parents : savoir que leur fille a eu du succès à la Scala. Juste pour ça, je suis contente… »


    Lors de cette saison, qui avait commencé par le Triptyque de Puccini au Theater an der Wien (Vienne), avec un chef, Kirill Petrenko, tombant dans la fosse 10 jours avant la première, Marie-Nicole Lemieux a aussi « cassé la glace » de la grosse usine de l’Opéra Bastille à Paris. Du jamais vu depuis 1989 : le pot de fin s’est déroulé avec les techniciens dans leurs locaux. Son charme et le naturel font des ravages.


    Azucena et Dalila


    Au concert, Marie-Nicole Lemieux est partie en tournée avec Antonio Pappano et l’Academia Santa Cecilia de Rome. Elle a ainsi pu chanter au Musikverein de Vienne le Poème de l’amour et de la mer de Chausson. Elle a aussi interprété la Petite messe solennelle et le Requiem de Verdi avec Daniele Gatti (Londres, Vienne, Paris). Gatti se retrouve au coeur de son projet majeur de la saison prochaine : Azucena dans Il trovatore de Verdi à Salzbourg, aux côtés d’Anna Netrebko, probablement de Placido Domingo dans le rôle du comte Luna et, elle l’espère, du « plus grand ténor du monde » (comprenez Jonas Kaufmann), qui n’a pas encore signé. « Moi-même, je n’y crois pas », résume-t-elle, se réjouissant que ses partenaires soient « des interprètes, des musiciens, et pas des gueulards ». Le projet est rendu possible par une évolution de la voix. « Les graves restent et les aigus évoluent. Je suis un contralto avec de l’aigu. Je suis une Dalila. Et Azucena, c’est ça aussi. »


    La joviale chanteuse, qui n’a rien perdu de son enthousiasme, ne révèle pas la scène où elle chantera sa première Dalila dans Samson et Dalila - est-ce cela, le projet qui mijote avec le Covent Garden en 2016 ? Elle n’en dira rien, mais résume la chose par un sonore « j’ai hâte en tabarnouche » !


    Marie-Nicole Lemieux poursuivra aussi sa découverte de Rossini, avec Tancrède l’an prochain. Quant au Met, « il se réveille ». « Je n’irai pas à n’importe quel prix. Jusqu’à maintenant, arrive ce qui doit arriver. J’essaie de prendre mes décisions de mon mieux et j’apprends de mes erreurs. Le Met arrivera quand il arrivera. »


     

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