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    Concours musical - Un gala qui confirme tout

    19 mai 2013 09h15 |Christophe Huss | Musique
    Marc Bouchkov<br />
    Photo: Günter Gamper Marc Bouchkov
    CMIM Violon 2013. Concert des lauréats.
    Orchestre Symphonique de Montréal, dir. Maxim Vengerov.
    Maison symphonique de Montréal, vendredi 17 mai
    Et, en plus, il se la pète!, pour reprendre le titre d'une chanson de l'excellent Sanseverino. Lors du gala du Concours musical international de Montréal, Marc Bouchkov, violoniste vainqueur, apparaissait comme un soliste aguerri face à cinq compétiteurs frais émoulus de leurs centres de formation. Il paradait avec de grands airs et gestes altiers et jouait au musicien inspiré pour épater la galerie. Plus de sobriété et moins de fausses notes, s'il vous plaît!

    En fait, Marc Bouchkov est le lauréat d'un concours 2013 presque pour rien. Je prends ici le pari que, sauf à être déraisonnablement soutenu par les puissantes forces occultes du marketing musical, Marc Bouchkov ne fera jamais carrière de soliste. J'ai écrit ici qu'il sera un excellent Konzertmeister d'un bon orchestre dans le futur. Je le maintiens.

    Bouchkov a joué lors du gala le concerto de Sibelius avec encore plus de fausses notes et d'intonations douteuses qu'il avait joué le concerto de Tchaïkovski en finale. Pire, et rédhibitoire: les mêmes erreurs arrivent quasi systématiquement dans le même type de difficultés. L'attribution à ce violoniste belge du prix de la meilleure demi-finale explique sans doute partiellement ce verdict douteux. Bouchkov avait dû prendre une forme d'avance dans les tours préliminaires, que le jury a maintenus.

    L'artiste n'est pas dénué de qualités et il a, de loin, le plus beau son de tous les finalistes. Mais dans «concours de violon», l'acceptation du mot «violon» n'est pas celle conduisant à donner un prix à l'instrument! Bouchkov est un bon musicien, dont les doigts ne traduisent les idées qu'à 80%. C'est insuffisant dans le métier de grand soliste. Il convient de nommer ici ceux qui ont commis cette erreur historique: Régis Pasquier, Michael Frischenschlager, Rodney Friend, Yuzuko Horigome, Mark Kaplan, Vladimir Landsman et Barry Shiffman.

    Ont-ils cherché un gars capable tant bien que mal d'effectuer dans trois mois un remplacement au pied levé à Calgary? Je préfère trouver quelqu'un qui sera sur une scène dans cinq à dix ans à Londres, Paris ou New York. Cet artiste-là existait bel et bien et il s'appelle Stephen Waarts, un Américain de seize ans. Et, peut-être, si la chance lui sourit et qu'un mécène lui prête un instrument digne de ce nom, l'imaginatif Chinois Zeyu Victor Li, 16 ans aussi. Ils ont fini second et troisième. C'est mieux que rien…

    Le Gala avait eu l'idée louable de présenter les six finalistes. Tous ont été constants: Chi Li est apparu comme la sixième roue du carrosse, la Coréenne JI Young Lim fut solide et le français Fédor Roudine boudeur et crâneur, façon tête à claques, mais avec panache.

    Maxim Vengerov a été constant, c'est-à-dire pas à la hauteur avec une baguette de chef, dans une préparation orchestrale bricolée pour la cause, parfois presque pathétique, comme dans le Finale de Sibelius.













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