Lettre - OSM : la tournée sud-américaine
À la lecture quotidienne du blogue sur la tournée sud-américaine de l’OSM, j’ai pris connaissance des réactions des musiciens et des chefs d’orchestre : des propos enthousiastes portant surtout sur la fierté et l’échange culturel.
Somme toute, l’enrichissement vaut pour nos musiciens, sur les plans individuel et collectif, grâce aux multiples rencontres notamment dans le cadre de cours de maîtres. Bravo pour eux ! Et pour ici, pour le public de l’OSM ? Aucun orchestre sud-américain invité la saison prochaine ; certes, Gustavo Dudamel dirigera le Philharmonique de Los Angeles, il sera l’un des rares représentants de nos voisins plus au sud. Nous ne bénéficierons donc pas d’un échange culturel avec l’Amérique du Sud dans les murs de notre Maison symphonique ? !
Et si l’OSM invitait un orchestre du Venezuela, de l’Argentine, souhaiterions-nous qu’il ne puise que dans le grand répertoire classique, surtout pour démontrer le calibre et le degré de virtuosité de ses membres ? Nous nous attendrions probablement aussi à écouter au moins une oeuvre de l’héritage national.
Alors pourquoi l’OSM n’a-t-il pas cru primordial d’inclure, au sein de chacun des deux programmes retenus, au moins une création d’un de nos compositeurs contemporains ou une oeuvre tirée de notre vaste patrimoine ? Pourquoi cet orchestre commande-t-il des créations d’ici, chaque saison culturelle, si c’est pour les garder sous silence, lorsqu’il devient ambassadeur ailleurs ?
Quand l’OSM et maestro Nagano nous parlent de fierté et d’identité, il serait souhaitable que ce soit réellement au sens large…
Carol Patch-Neveu - Montréal, le 8 mai 2013







