Une légende dans la ville
Le trio-culte Le Bruit court dans la ville réapparaît à la faveur de La Grande Rencontre
La Grande Rencontre
Du 9 au 12 mai. Au Gesù. Renseignements: 514 273-0880
C’est le trio-culte. Celui qui ne sort pas souvent, mais qui a précédé la génération du trad actuel, empreinte de finesse dans le swing. Depuis une vingtaine d’années, Le Bruit court dans la ville apparaît et disparaît dans les villages, porte les profondeurs d’une histoire qui passe de Lowell à Lanaudière et de l’Acadie à la Nouvelle-Acadie. Jeudi prochain, les Charbonniers André Marchand et Normand Miron sortiront de l’enfer avec leur complice Lisa Ornstein, splendide violoneuse américaine et grande amoureuse du Québec. Au programme, quarante petites minutes, mais un grand moment de légende !
En 1997, Le bruit court dans la ville est le nom d’un disque que le trio reprendra à son compte. Le projet n’aura pas d’histoire continue, mais laissera toutefois la marque d’une signature très affirmée : une vraie référence. « Je pense qu’on partage le goût de la musique qu’on puise dans le legs des violoneux, des autres musiciens et des chanteurs. Je sais que, maintenant, il y a une tendance à innover à partir de la musique traditionnelle, mais, pour nous, la création, c’est dans la manière de l’interpréter. On baigne dans ce beau fleuve de musique et on prend plaisir à puiser dans ses profondeurs pour faire remonter à la surface les trésors oubliés », affirme Lisa Ornstein depuis Portland, en Oregon, où elle est maintenant installée.
Lisa Ornstein a vécu douze ans au Québec et elle parle la langue de La Bottine souriante avec un tout petit accent. Elle se décrit comme une Midwesterner et, par sa famille, elle vient musicalement de l’école élisabéthaine. Mais à l’adolescence, elle est tombée dans la potion old time, après avoir écouté un disque du fiddler Tommy Jarrell. « C’était comme si j’avais été frappée par un éclair. J’ai même eu besoin de m’asseoir par terre. »
Puis, une autre étoile brillera dans sa vie : Louis Beaudoin, violoneux franco-américain de Lowell et de souche lanaudoise, qui lui donnera le goût du Québec. Elle apprend son répertoire, s’amène au Québec en 1978 et rencontre fortuitement les musiciens de La Bottine… qui partagent une partie du répertoire de Beaudoin. Lisa ne maîtrise pas encore vraiment le français, mais son violon parlera pour elle. Elle devient membre du célèbre groupe, puis se consacre à une thèse de maîtrise sur Louis « Pitou » Boudreault, le regretté violoneux de Chicoutimi, qui la marquera profondément.
Elle s’en souvient avec de menus détails. « Son jeu était détaillé et très rempli, avec une métrique absolue, une espèce d’énergie électrifiante et une richesse dans la manière de fignoler les airs. Ses mélodies ne sont pas linéaires, et sont livrées avec une finesse incroyable en ce qui concerne le jeu d’archets, les variations rythmiques et les fioritures. »
Tout cela fait partie du jeu de Lisa Ornstein. Elle peut aussi faire glisser le violon dans la mélodie et larmoyer sous la plainte, mais attaquer les phrases répétitives et sonner à l’ancienne. Elle complète à merveille ses deux chums québécois : André Marchand, le grand frère à la voix ronde, folk et trad à la fois, et Normand Miron, le naturel aux oreilles aiguisées, qui est tombé dedans avec sa famille du côté des Gravel.
***
La belle visite de La Grande Rencontre
Vendredi 10 mai: We banjo 3. Ils font du trad à trois banjos ténors ou du bluegrass à saveur irlandaise. Ils improvisent sur du folk et rappellent aussi le country blues à la New Lost City Ramblers. Un excellent jeune groupe irlandais.
Samedi 11 mai: The Fretless. Ils ne sont ni complètement trads ni classiques, mais intègrent tous ces univers. Il s’en dégage un folk celtique de chambre avec violons, altos et violoncelle en plus du chant et… de la danse à claquettes.
Dimanche 12 mai: Long Time Courting. Ces quatre musiciennes chanteuses de Boston font glisser le violoncelle dans le reel, improvisent tout en atmosphère, interprètent des complaintes touchantes et autres musiques irlandaises, écossaises ou old time.
Dans le cadre de La Grande Rencontre
avec Tony McManus, l’hommage à Pierre Chartrand et Nicolas Pellerin et Les Grands Hurleurs, au Gesù, le jeudi 9 mai à 20 h.
Renseignements: 514 273-0880.
Collaborateur


Le Bruit court dans la ville - Dans la prison de Nantes / Reel à Phylias (mp3)






