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Concerts classiques - Sortir par la grande porte

29 avril 2013 | Christophe Huss | Musique

Quatuor de Tokyo : concert d'adieu

Beethoven : Quatuor à cordes op. 95.
Bartók : Quatuor à cordes n° 5.
Ravel : Quatuor. Une présentation du Ladies’ Morning Musical Club à la Salle Pollack, le vendredi 26 avril 2013.

Les dernières notes jouées par le Quatuor de Tokyo à Montréal auront été celles du Menuet Quatuor K. 499, « Hoffmeister » de Mozart, empoigné comme il se doit avec un entrain allègre. Point de nostalgie, point de regrets : le quatuor se dissoudra dans deux mois et sa tournée mondiale d’adieux est une sortie par la grande porte.

Je ne cache pas que je me sens globalement plus proche du style ardent de la formation entièrement japonaise du Quatuor de Tokyo, celle des premières de ses 44 années d’activité. Le « dernier Quatuor de Tokyo » est très consensuel, « politically correct », mais aussi très intègre dans une discipline dans laquelle tend à se développer ces derniers temps une culture de la poudre aux yeux, avec un jeu plus athlétique que musical. Dans ce contexte, le Quatuor de Tokyo a su garder les pieds sur terre.


Le dernier premier violon de cet ensemble aura donc été le Canadien Martin Beaver. Il en est aussi, à mon avis, le (relatif) maillon faible avec son apparente nécessité d’une « période de chauffe » qui fit du premier mouvement du Beethoven comme de celui du Ravel, après la pause, les moins bons moments.


Interprétativement, la sensualité singulière de certaines entrées du premier volet du Ravel lui échappe. Mais tout fut effacé par un troisième volet inoubliable, d’une stupéfiante concentration, avec des textures magiques.


Le mot « concentration » définit également le grand moment de la soirée, le 5e Quatuor de Bartók, synthèse, en quatre instruments des tensions montant en Europe dans les années trente. La densité des unissons du premier volet ; le mystère désolé de l’Adagio ; la finesse de la section centrale du Scherzo - point focal, symétrique, d’une oeuvre elle-même symétrique - ; les archets miraculeux de cohésion dans l’Andante et l’ironie cruelle du Finale ont fait se lever le public.


Merveilleux adieux, organisés par le Ladies’ Morning Musical Club. On s’en souviendra.

 
 
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