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Alexi Murdoch, dans les lumières du 56e parallèle

Le Britannique est de passage au Québec avec ses pièces folk aux tendances douces-amères

27 avril 2013 | Philippe Papineau | Musique
Si Alexi Murdoch se produit en spectacle au Québec, c’est beaucoup grâce aux Barr Brothers, formation montréalaise avec qui il s’est acoquiné.
Photo : Fournie par Alexi Murdoch Si Alexi Murdoch se produit en spectacle au Québec, c’est beaucoup grâce aux Barr Brothers, formation montréalaise avec qui il s’est acoquiné.

Alexi Murdoch en tournée

Le 1er mai au théâtre Granada, le 2 mai au théâtre du Petit-Champlain, le 3 mai au Cabaret du Mile-End et le 4 mai au Black Sheep Inn.


Alexi Murdoch - Toward The Sun (mp3)

On a entendu sa chanson Orange Sky dans un nombre impressionnant de films et de séries télé. Il a même signé la bande originale d’Away We Go de Sam Mendes en 2009. Mais l’auteur-compositeur-interprète britannique Alexi Murdoch reste mal connu ici, menant doucement sa carrière à un rythme qui fait peut-être bien son affaire. Artiste indépendant, un peu ermite, il vient bientôt faire quatre concerts au Québec, et en profitera pour commencer l’enregistrement de son prochain disque en sol montréalais.


Alexi pas de « s » Murdoch, 39 ans, parle comme sa musique. Avec calme, douceur, le ton un peu granuleux mais rassurant. Il est au téléphone à des milliers de kilomètres d’ici, au nord de l’Écosse, et même si le temps d’entrevue est compté, on l’entend quasiment se gratter la barbe en donnant des réponses complètes, livrées sans hâte mais avec esprit. De bon coeur, il décrypte avec nous ses pièces folk aux tendances douces-amères, que plusieurs ont comparées à celles de Nick Drake.


Il y a déjà un moment que ce musicien qui a eu une vie de globe-trotter n’a pas livré de nouvelles chansons. Son plus récent disque, Towards the Sun, date de 2011, mais ses chansons étaient déjà en vie deux ans auparavant. Son premier disque, Time Without Consequence, a été lancé en 2006. C’est de ce disque qu’est tirée Orange Sky, entendue dans les séries The O.C., House, Prison Break, et même dans une annonce d’Honda. De ce même disque, le titre All My Days a été entendu dans les émissions Grey’s Anatomy et Scrubs.


N’est-ce pas étrange pour un musicien de se faire découvrir à rebond ? « Ces choses se sont produites de manière très organique, pour utiliser un mot assez surutilisé ces temps-ci, explique Murdoch. Mais surtout, elles ne sont venues d’aucune stratégie ou de plan visant à faire connaître ma musique de cette façon-là. La télé et le cinéma semblent être arrivés comme ça, et m’ont permis de rester indépendant de l’industrie musicale, parce que j’ai pu me faire entendre partout dans le monde sans faire de compromis dans d’autres zones de ma création. Quoique, tout est un peu dans le compromis. »


Silence, respiration et possible grattage de barbe. « Au début, je me suis inquiété. Comment les gens pourraient découvrir ma musique à travers un autre média, tout resterait associé et ils ne pourraient pas la recevoir dans une forme, disons, pure. Mais je crois que ma perspective a changé. Et ça vient de l’époque dans laquelle on vit. Le cerveau des gens, la chimie de notre perception des choses a changé, radicalement, car on est bombardés de stimuli. J’ai remarqué que les gens qui m’écoutent, pour la plupart, tendent à avoir une habileté à absorber la musique à travers, disons, une publicité, sans lier les deux ensemble. On a développé la capacité d’extraire ce que l’on veut de ce bruyant et incessant mur multimédia devant nous. »

 

Isolement et lumière


Ce mur, Alexi Murdoch s’en sauve en cherchant de l’espace, attiré qu’il est par les endroits les plus au sud et au nord du globe. Lui-même s’est trouvé un repère dans le nord de l’Écosse. Sur sa page Facebook ou sur son compte Twitter, pas beaucoup de géolocalisation, et davantage de photographies. Et si on scrute les textes de Towards the Sun, on remarque que la lumière et la noirceur sont omniprésentes.


« En fait, de plus en plus, je trouve que je suis très affecté, obsédé par les latitudes élevées, au nord ou au sud, où la lumière est différente. La lumière joue un rôle-clé pour moi. Je ne suis pas certain de quelle façon, dans la façon qu’elle illumine l’espace autour de nous peut-être. D’où je vous parle, je suis au 56e parallèle. Peut-être que c’est pour me sauver un peu, ou parce que ce sont les derniers espaces sauvages qui restent. Je suis très intéressé par ce que les grands espaces font aux personnes, en ce qui concerne la perception des choses. »


Jouer et enregistrer


Le Québec a ses grands espaces, mais lors de son passage ici, Murdoch restera autour du 45e parallèle, alors qu’il jouera quatre fois en quatre soirs. D’abord à Sherbrooke mercredi, avant de se rendre à Québec, à Montréal et à Wakefield, un peu à l’extérieur de Gatineau.


S’il vient faire ces concerts ici, c’est beaucoup grâce aux Barr Brothers, formation montréalaise avec qui Murdoch s’est acoquiné lors du dernier Festival de jazz de Montréal, alors qu’il avait fait leur première partie.


« C’était une super expérience. J’étais passé une seule fois au Canada avant, et jamais au Québec, et j’ai trouvé que Montréal était très excitante. Il y avait quelque chose dans la fraternité des musiciens. En cinq minutes en coulisse, j’avais trouvé deux musiciens jouant des cuivres qui sont montés sur scène avec moi, et ça m’a impressionné, cette qualité et cette énergie artistique. »


Pour ses concerts au Québec, le chanteur des Barr Brothers, Brad Barr, réchauffera les salles, alors que son frérot, Andrew, accompagnera Murdoch à la batterie. Et tant qu’à y être, le musicien a prévu de prendre quelques jours après cette mini-tournée pour se poser en studio. « Andrew et moi, et peut-être quelques musiciens, on va voir ce qu’on peut faire. Ça pourrait être le début d’un nouveau disque. »


Il a déjà plusieurs chansons en tête, qu’il transportera dans ses bagages. Pas de révolution en vue, mais une progression, dit-il. « Elles vont un peu plus vers les extrêmes, avec un peu plus d’expérimentation. Moi qui ai toujours été intéressé par les moods circulaires, je me suis un peu plus intéressé aux idées fragmentaires. » Intrigant, cet Alexi Murdoch.

 
 
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