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Xavier Caféïne, le retour du loup

Le vétéran du punk-rock se dévoile comme jamais dans son nouveau disque baptisé New Love

20 avril 2013 | Philippe Papineau | Musique
Xavier Caféïne sent qu’il vieillit mais qu’il est encore temps pour lui de jouer un peu partout dans le monde.
Photo : François Pesant - Le Devoir Xavier Caféïne sent qu’il vieillit mais qu’il est encore temps pour lui de jouer un peu partout dans le monde.

New Love

Xavier Caféïne

En magasin mardi


Xavier Caféïne - New Love (mp3)

«J’ai rien à perdre et tout à gagner. » Installé en plein soleil dans un sofa, les coudes sur les cuisses, Xavier Caféïne se raconte sans gêne, dévoilant jusqu’aux récents déboires de son nouveau disque, intitulé New Love. Le vétéran du punk-rock québécois sort d’une très mauvaise passe, mais les cicatrices sont assez refermées pour qu’il les dévoile la tête haute. La suture a tenu le coup, voilà Caféïne reparti pour une nouvelle ronde.


Xavier Caféïne, 37 ans, roule sa bosse depuis une quinzaine d’années dans le rock à sauce punk et le punk à sauce rock. Le costaud chanteur est un grand amateur d’arts martiaux doublé d’un passionné d’histoire, de géopolitique, de philosophie. Un étonnant équilibre de force et de tendresse.


Mais sur son tout nouveau disque, New Love, Caféïne baisse ses défenses et se dévoile vulnérable, déchiré, en guérison. « J’ai vécu une rupture amoureuse très, très dure qui a fait que j’ai eu à tout repenser qui j’étais. La musique me sert beaucoup à ça, à exorciser. Et s’il y a quelque chose de bon qui a pu sortir de tout ça, c’est bien le disque. »


New Love, son sixième disque principalement chanté en anglais, parle sans cesse d’amour, de tristesse, de solitude. « 500 jours de larmes et de malheurs », comme il le chante sur Lettres d’amour. Dans le livret, il a même fait ressortir chaque récurrence du mot « love ».


Dans le processus de création - et de guérison -, Caféïne est retourné un temps en Outaouais chez ses parents, comme il l’a déjà fait dans le passé. « J’allais pas ben ! Il fallait que je finisse mon album et je n’en étais pas capable, il fallait que je sorte de Montréal. Et j’avais plus d’argent, plus de spectacles, explique-t-il sans vouloir faire pitié. Je me sentais comme un chien sur le bord de la route, qui venait de se faire frapper. Je pensais mourir, mourir d’amour. J’ai réussi à ramper, à m’accrocher, j’ai rampé en forêt, j’ai mangé des mulots morts, c’est ça que j’ai fait ! Pis je boitais, mais j’ai recommencé à chasser et je suis redevenu le loup que j’étais. Parce que j’étais devenu un chien domestique. »

 

Un son acéré


Et le loup revient avec un disque plus acéré que ses derniers efforts, Bushido et Gisèle - l’album qui l’a davantage fait connaître avec la pièce éponyme et Montréal (cette ville). New Love, réalisé par Gus Van Go et Werner F, est une bête hybride entre le goût de la révolte des Clash, le son synthétique de claviers à la Joy Divison et l’agressivité du rock-électro de We Are Wolves. Le tout doublé de mélodies simples et très efficaces, paradoxalement assez joyeuses.


« Je suis arrivé à New York [chez Gus Van Go] avec un album pas préparé, j’avais quelques tounes mais pas plus. Et c’est la meilleure affaire que j’ai faite. Parce qu’on a pu travailler sur la musique. Ça ne faisait pas mal de couper dans les choses, alors que, quand tout est surfait, c’est plus dur à faire. »


Caféïne, qui joue tous les instruments sur le disque, avait envie d’entendre davantage de claviers sur ses compositions. « Je trouve ça naturel, le synthétique. Je trouve ça plus organique que les guitares et que la batterie. Un son, c’est un son. Alors je me suis laissé aller, et j’y ai mis mon amour de la musique alternative des années 1980 avec la musique punk que j’aime, et j’ai fait ma sculpture, mon petit portrait. »

 

Le temps d’aller plus loin


Sur les douze titres de New Love, neuf sont chantés en anglais. Un choix artistique qui se double d’un désir de faire voyager sa musique en dehors du Québec. « J’ai ce qu’il faut avec cet album-là pour aller jouer plus loin. J’aurais eu ce qu’il faut avec les deux derniers disques, mais étant donné la langue, ça m’en empêchait. C’est un fait. On se le faisait dire carrément, même par les Français ! Je ne vais jamais arrêter de faire des disques en français, mais là, ce n’était pas le temps de faire ça. »


L’équation que fait Caféïne est que, comme sa proposition musicale est un peu marginale, il lui faut un bassin de fans plus grand pour arriver à en vivre. « Il faut que t’ailles jouer plus loin et ailleurs, sinon tu vas retourner chez tes parents ! Et ça, c’est pas drôle pour personne. »


Le musicien sent aussi qu’il vieillit - il en a même fait une chanson, Fuckin Time - mais qu’il est encore temps pour lui de jouer un peu partout dans le monde. « C’est le temps pour moi de partir, j’ai encore la fougue, la jeunesse pour ça. Parce qu’il n’y a rien de facile là-dedans, c’est fatigant, et on ne commence pas ça à 45 ans. Et je suis encore un vagabond. Je n’ai que deux sacs, un gros sac Adidas et un gros sac noir. Je suis chambreur, et s’il faut que je reparte, j’ai mes deux sacs. Le Japon demain ? Je suis parti. J’ai pas de guitares, j’ai pas d’auto, j’ai pas de maison. Je suis encore libre. » Il n’a rien à perdre et tout à gagner, et c’est bien parti pour lui.

 
 
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