Concert classique - Quand la musique plafonne aux deux tiers
Le Québec a raté l’occasion de faire de la Maison symphonique de Montréal une salle de concert audiovisuelle intégrée, ouverte vers tous les Québécois. Medici.tv - portail Internet leader en vidéos musicales - panse la plaie tout en réglant un problème de marketing crucial : comment amener les gens à savoir et à regarder ce qui se fait ici. Encore faudrait-il que l’orchestre publicise la collaboration !
Les caméras et micros n’ont en tout cas pas gêné les spectateurs en salle. Quant au programme, il était fastueux. Cela dit je ne suis pas mécontent de prendre quelque congé de musique symphonique ces prochains temps, car ces réalisations scrupuleuses mais qui plafonnent à deux tiers des potentialités des partitions (c’était la même chose samedi), faute d’approfondissement et de maturation, commencent à m’irriter. Encore une fois, ce fut l’ouverture, la partie la plus impeccable.
Le 3e Concerto est celui des Beethoven joués par Fellner ici qui l’a montré le moins en état de grâce malgré quelques minutes bénies, entre le début de la cadence du 1er volet et la fin de l’entrée du piano dans le Largo. L’approche est cultivée mais un peu lissée dans la profondeur de la respiration, plus post-classique que pré-romantique.
Dans Bruckner, Nagano fait ce qu’il peut avec les cors anémiques de l’OSM, des contrebasses éteintes par l’acoustique et des trompettes indiscrètes dans tous les passages doux. La culture sonore par ailleurs est là : le Finale, vif, ne sautille pas, la respiration du mouvement lent est juste, mais celle du 1er volet largement à revoir.








