Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Génération musicale spontanée

    Tim Brady présente Spontaneous Sonata Project, création intimiste pour deux pianos et guitare électrique

    16 mars 2013 |Frédérique Doyon | Musique
    Tim Brady, ici avec François Bourassa et Brigitte Poulin aux pianos, est le premier compositeur à introduire la guitare électrique dans la musique de chambre et la musique symphonique.
    Photo: François Pesant - Le Devoir Tim Brady, ici avec François Bourassa et Brigitte Poulin aux pianos, est le premier compositeur à introduire la guitare électrique dans la musique de chambre et la musique symphonique.

    The Spontaneous Sonata Project

    Le 16 mars à la Chapelle historique du Bon-Pasteur

    C’est une année faste pour le compositeur et guitariste contemporain Tim Brady. Pas sitôt remis des émotions de son prix Opus - le deuxième de sa carrière - qu’il enchaîne, coup sur coup, trois concerts. Mais Brady est du genre infatigable, toujours prêt à métisser de nouvelles sonorités entre jazz, musique de chambre et musiques nouvelles.


    « 99 % des compositeurs canadiens actuels ont découvert la musique par catégorie, une tranche à la fois, délaissant le rock pour le contemporain, l’acoustique pour l’électro, dit-il en entrevue au Devoir. Pour moi, c’est une continuité. J’ai accumulé les genres. Les notes de Duane Allman à la guitare sont aussi valables que celles de Stravinski, Debussy ou [Robert] Normandeau. »


    Tim Brady est le premier compositeur à introduire la guitare électrique dans la musique de chambre et la musique symphonique. Pas étonnant que le magazine Guitar Player l’ait reconnu, en 1997, comme l’un des trente plus importants guitaristes pour le développement de l’instrument.


    Quant au prix Opus de janvier dernier, c’était pour le concert Atacama : Symphonie #3 (trois fois en nomination), sacré « création de l’année ». Et pour cause, la mégaproduction, « la plus ambitieuse » de la vie de sa compagnie Bradyworks, réunit sur scène 11 musiciens (dont le guitariste) ainsi qu’un choeur mixte de 20 voix.


    Créée en juin 2012, l’oeuvre - dont l’album vient de paraître - sera reprise en ouverture du Festival international de musique actuelle de Victoriaville en mai prochain.


    Pour les concerts, deux d’ampleur symphonique sont déjà passés. Mais ce samedi soir, place au plus intimiste Spontaneous Sonata Project (SSP), création pour deux pianos (acoustique et électrique, pour bien distinguer l’apport respectif de François Bourassa et Brigitte Poulin) et une guitare (celle de Brady), très librement inspirée des 32 sonates pour piano solo de Ludwig van Beethoven.


    Le caractère spontané tient à la fois de la forme musicale, qui emprunte beaucoup aux improvisations du jazz, et de son contexte de création, dans la foulée d’une intense période d’écoute des sonates classiques. « Normalement, je planifie mes compositions des années d’avance, mais celle-là m’est arrivée : bang ! Un matin, je me suis réveillé en entendant dans ma tête une petite pièce pour deux pianos et guitare électrique ; dans la journée, 11 autres pièces me sont apparues comme ça », raconte-t-il, entouré des deux pianistes, au sortir d’un blitz de répétition.


    Ce soir-là, il écrivait l’ébauche des 12 mouvements du SSP, ponctué de moments plus freejazz, d’éléments de blues, de rock progressif et de musique actuelle et de passages plus près de la tradition chambriste ou classique. Brigitte Poulin y trouve une « propension à la mélodie », aux mouvements plus lents, comme chez Beethoven.


    Brady n’avait jamais créé une oeuvre pour piano solo. Quand la pianiste Brigitte Poulin l’a invité à produire son album solo en 2007, il s’est fait un devoir d’écouter méticuleusement, partitions à l’appui, les sonates de Beethoven pour s’initier. Après tout, ces oeuvres, qui ont jalonné la vie du compositeur allemand, constituent « le journal de bord de tout pianiste en formation », rappelle la pianiste.


    « J’ai été complètement ébloui par la musique, confie le compositeur. Beethoven m’a convaincu qu’il y avait quelque chose à faire avec le piano. [D’une pièce à l’autre], rien ne sonne pareil, il trouve toujours une autre texture. » Tour de force qu’il s’est donné comme défi : « composer 12 morceaux en me forçant à trouver un autre monde sonore pour chaque pièce. »


    Contrairement à Mme Poulin, le pianiste jazz François Bourassa en est à sa première collaboration avec Tim Brady. Mais tous deux ont découvert qu’ils avaient étudié à la même école de Boston. Une filiation prédestinée puisque c’est au New England Conservatory of Music qu’est né le mouvement Third Stream dans les années 60, qui synthétise l’impro du jazz et la structure du classique et dont les deux musiciens sont de dignes héritiers.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.