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    Tout Ravel dans une boîte

    29 décembre 2012 | Christophe Huss | Musique

    RAVEL : The Complete Edition

    Decca 14 CD 478 3725

    Après une excellente édition Debussy en 18 CD chez Deutsche Grammophon, Universal publie une tout aussi avisée intégrale Ravel.

    Une fois n’est pas coutume. En cette période où une inculture galopante gangrène les maisons de disques, Universal se signale par deux très nobles coffrets consacrés à deux héros de la création musicale française : Debussy et Ravel. Nous avons déjà vanté le coffret Claude Debussy, pour lequel les choix artistiques ont été effectués par Alan Newcombe. Le nom du maître d’oeuvre du coffret de l’intégrale Ravel qui paraît chez Decca est moins clairement identifié. Le « product manager » est un certain Raymond McGill, mais on ne nous dit pas s’il est responsable du choix musical. Ce dernier, malgré l’étiquette Decca, puise dans les catalogues DG et Philips, et pas assez, à mon goût, dans ce dernier.


    Plutôt que de morceler les apports de chefs (Paul Paray, Bernard Haitink, Pierre Monteux, Pierre Boulez et Riccardo Chailly auraient mérité une place), le compilateur a choisi de privilégier des pans assez larges d’oeuvres dirigées par deux chefs, Charles Dutoit et Claudio Abbado. Les plats de résistance de la musique orchestrale (deux CD) sont confiés à Dutoit, les deux concertos étant ceux d’Argerich et de Béroff, accompagnés par Abbado, qui dirige aussi Le tombeau de Couperin et les Valses nobles et sentimentales. Petit regret : le Daphnis et Chloé de Dutoit est célèbre, mais les versions d’Ernest Ansermet, Chailly et Boulez - toutes chez Universal - sont plus intéressantes.


    Cela dit, le choix du Daphnis de Dutoit est symbolique de l’ensemble de cette réédition marquée par la sécurité et le bon sens. Par ailleurs, le fait de s’en tenir à un nombre réduit de chefs fiables préserve une cohérence et une certaine esthétique. Il n’en reste pas moins de la place, chez le même éditeur, pour un coffret orchestral de grandes interprétations oubliées : Albert Wolff dans le Boléro, le jeune Bernard Haitink en 1960 dans la Rapsodie espagnole, Fournet-Doyen dans les concertos…


    Assurance qualité


    C’est dans la musique pour piano que Decca se permet cette finesse de choix. Jean-Yves Thibaudet est présent sur un plein CD, mais le Gaspard de la nuit est celui de Pogorelich, les Valses nobles et sentimentales sont celles d’Argerich et Les miroirs, ceux d’Aimard. Évidemment, les géniaux enregistrements de Lorin Maazel sont retenus pour L’heure espagnole, et L’enfant et les sortilèges et Lesnuits d’été sont chantées par Régine Crespin.


    Là où le coffret est très intéressant, c’est que, pour la première fois, un éditeur rassemble vraiment tout, par un jeu de licences hors de son propre catalogue : les Cantates de Rome sont dirigées par Michel Plasson (EMI) et des mélodies peu enregistrées sont défendues par d’excellents artistes d’aujourd’hui : Inva Mula, Claire Brua, Laurent Naouri, qui ont enregistré ces oeuvres pour Naxos.


    Eh oui : Universal puisant des enregistrements chez Naxos pour compléter un coffret publié chez Decca ! Qui aurait imaginé cela il y a vingt ans ? Même pas Klaus Heymann, le fondateur de Naxos, ce label encyclopédique qui a changé la physionomie de l’univers du classique !

     
     
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