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    Les meilleurs disques jazz de l’année - Cinq fois cinq jazz

    2 janvier 2013 14h08 | Guillaume Bourgault-Côté | Musique
    Il y a chez Brad Mehldau pas mal tout ce qu'on aime du jazz: un peu de poésie dans l'expression, beaucoup de lumière, quelques zones d'ombre, de la vélocité, de la virtuosité, de la retenue, de l'audace, de la sagesse, des éclats, de la fureur, de la douceur, du groove… 

    Mille et une choses que l'album «Ode» propose en vrac, comme un concentré pur jus du meilleur du pianiste américain et de son immense trio. L'affaire est nécessairement subjective (d'autant qu'on ne peut prétendre avoir tout écouté), mais cet «Ode» est à notre sens l'album de l'année 2012. Solidité générale, plaisir d'écoute toujours renouvelé. 

    Le reste du top 5 annuel, on le décline pêle-mêle, par caractéristique: tout est bon, à sa manière.


    L'album qui a tout dedans - Brad Mehldau, Ode (Nonesuch) 

    Une autre grosse année pour un pianiste hyper actif: projets solo, duos (avec Kevin Hays, Joshua Redman ou Mark Guiliana), trio, classique (avec le Orpheus Chamber Orchestra, ou la chanteuse Anne Sofie von Otter l'an dernier), Mehldau a la vision large. Mais c'est encore en trio qu'il excelle le plus. Et si le jazz contemporain compte son lot de trio aux qualités exceptionnelles, celui que Mehldau dirige — avec Larry Grenadier et Jeff Ballard — se situe pour nous tout au haut de l'échelle.

    Grosse année, disions-nous, parce que Mehldau a produit deux disques («Ode» et «Where Do You Start») à ranger parmi les valeurs sûres d'une production qui commence à avoir l'ampleur d'une oeuvre au sens profond du terme. Deux albums coulé dans le même moule, mais avec des ingrédients différents: le premier est composé de matériel original, le second est plutôt constitué de reprises pop-rock-folk sauce Mehldau (Costello, Drake, Sufjan Stevens...).

    L'un comme l'autre est remarquable, mais on retient surtout le premier parce qu'il permet de savourer une écriture qui n'avait jamais été si forte et accessible. C'est particulièrement vrai avec la pièce-titre, où le groupe s'éclate sur tous les plans: grosse richesse harmonique et mélodique, solide assise rythmique, maîtrise totale du contrepoint par le pianiste. Vivifiante session.

    Brad Mehldau, Ode (mp3)


    À voir - Une version de Ode enregistrée en 2008



    ***

    L'album de jazz urbain de l'année - Robert Glasper Experiment, Black Radio (Blue Note)

    Figure phare du jazz contemporain, Glasper assume avec cet album son attirance pour le hip-hop… ou plus largement, pour les musiques noires américaines. Mélange de jazz, de soul ou de funk dans un cadre hip-hop, Black Radio le présente en chef de file d'un jazz qui a les deux pieds dans la culture populaire, une «new urban black music» aux qualités intrinsèques. Brillant.

    Robert Glasper Experiment - Afro Blue avec Erykah Badu (mp3)


    À voir - L'album Black Radio raconté



    ***

    L'album solo de l'année - Ambrose Akinmusire When The Heart Emerges Glistening (Blue Note)

    On triche un peu: ce disque est paru en 2011. Mais la visite d'Akinmusire au Festival de jazz l'été dernier nous a réellement permis de prendre la mesure des talents d'un jeune trompettiste qui compte dans son fan club tant des piliers du jazz (Coleman, Blanchard) que des jeunes confrères créatifs (Parks, Iyer, Esperanza Spalding, Jason Moran). Jazz ambitieux, sans concession commerciale, brûlant, touchant.

    Ambrose Akinmusire, Jaya (mp3)


    À voir - Akinmusire en spectacle à New York




    ***

    L'album solo de l'année - Matt Herskowitz, Upstairs (Justin Time)

    Enregistré en novembre 2011 au Upstairs de Montréal, ce solo du pianiste québécois en jette aux oreilles. Entre des compositions, des reprises jazz (Brubeck, Petrucciani, Gershwin), des arrangements classiques (Bach et Schumann), Herskowitz déploie son art avec une fougue rare, mais sans jamais sacrifier à la musicalité. Technique exceptionnelle, sens précis de la nuance, Herskowitz fusionne ici avec brio ses connaissances jazz et classique.

    Matt Herskowitz, Cantabile (mp3)


    À voir - Une version studio de «Bach à la Jazz»




    ***

    L'album saxo de l'année - Spirit Fiction (Blue Note)

    À l'instar des Adam Cohen et Jakob Dylan de ce monde, on a une bonne dose d'admiration pour le courage de Ravi Coltrane. Jouer du jazz et du sax, comme le paternel John Coltrane? Écrire des chansons à la suite de Leonard et Bob? Audacieux. Or, comme Cohen l'an dernier, Coltrane émerge définitivement de l'ombre de son père… au moment même où il revendique le plus ouvertement la filiation. Car «Spirit Fiction», premier enregistrement de Ravi chez Blue Note (où John s'est fait un nom avec «Blue Train»), a la complexité rythmique et la profondeur de ton des albums du Trane. Ce qui n'est pas rien.

    Ravi Coltrane - Spring & Hudson (mp3)


    À voir - Coltrane et son New Quartet en spectacle en 2011

     
     
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