Moran, le vrai visage
Qu’est-ce qu’un album réussi? Des chansons abouties. Et un emballage qui le dit.
Sans abri
Moran
Ad Litteram/Kartel
Moran - Sans abri (mp3)
Ses trois disques sont côte à côte sur la table, dans l’ordre de parution. On voit ce qu’on voit, hein, JF Moran ? Filet de fumée et rien d’autre pour le recto du premier, Tabac, l’album de 2006 qui aurait dû « capitaliser », comme on dit dans le monde du capital, sur la victoire de l’auteur-compositeur-interprète à Ma première Place des Arts, l’année d’avant. « Apparemment, sur un premier disque, faut que tu mettes ta face. La mienne est au verso. » Facteur aggravant : l’album est pour ainsi dire un démo. Grandes chansons menées nulle part. Autre stratégie d’échec pour l’album suivant, Mammifères, en 2009 : Moran y est méconnaissable, à la limite du franchement repoussoir au recto, carrément monstrueux au verso. « On m’a obligé à la mettre, ma face. Alors, j’ai mis celle-là… » Il rit, se regarde, rit plus fort. « Je pense qu’on peut dire que je me sabotais un peu », lâche-t-il de sa belle voix basse, souriant du séduisant sourire qu’encadre son beau visage.
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