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    Festival Akousma 9 - Un voyage à l’intérieur du son

    24 octobre 2012 |Fabien Deglise | Musique
    L’alchimiste de l’analogique, l’Américain Keith Fullerton Whitman, se prépare à livrer, jeudi soir, une pièce acoustique inédite réalisée au célèbre studio du Groupe de recherches musicales (GRM) à Paris.
    Photo: Festival Akousma 9 L’alchimiste de l’analogique, l’Américain Keith Fullerton Whitman, se prépare à livrer, jeudi soir, une pièce acoustique inédite réalisée au célèbre studio du Groupe de recherches musicales (GRM) à Paris.

    Festival Akousma 9

    À l’Usine C à Montréal, du 24 au 27 octobre, 19 h


    Pierre-Alexandre Tremblay - Ces énigmes lumineuses (mp3)

    De la théorie au tympan. La technologie serait en train de changer notre perception du monde, et la musique n’y échappe pas. C’est en tout cas ce que veut faire entrer dans les oreilles cette année le neuvième festival de musique numérique immersive Akousma, qui prend son envol ce mercredi à Montréal. Pour quatre soirs et un projet ambitieux, prévient son directeur artistique : placer le public face à « la microscopie du son », afin de mieux la voir et ressentir du coup cette incroyable mutation, technique et musicale.

    « La trame de fond pour Akousma 9 est là : les logiciels sont plus performants. Ils permettent d’exécuter des tâches plus précises, d’entrer dans le grain de son et de le modifier en temps réel », résume à l’autre bout du fil Louis Dufort, l’homme derrière l’image et le son de ce festival atypique en pleine ascension. « Cela a pour effet de modifier la façon dont nous percevons ce son, et c’est finalement ce phénomène-là que nous souhaitons mettre en évidence, en le faisant décanter sur scène. »


    Le voyage, dans la synthèse granulaire et les particules du son, est prometteur. Il va se décliner sous les échantillonneurs et instruments d’une dizaine de musiciens et créateurs d’ici et d’ailleurs venus exposer leur maîtrise du bruitisme, du minimalisme ou encore du pointillisme musical - entre autres -, surtout quand il se fait enveloppant et propice à l’évasion mentale.


    Sur cette partition, il y a Pierre-Alexandre Tremblay, assembleur d’environnements et de textures sonores, une basse dans les mains, Martin Marier, qui pratique « l’éponge électronique », un instrument hors de l’ordinaire à la sonorité conséquente, ou encore le duo Minibloc, détourneur d’objets usuels, et Martin Tétreault, chef d’orchestre d’un quatuor pour tourne-disque formé à Munich en 2004 pour la chorégraphe Lynda Gaudreau.


    Forcément, l’esprit de Pierre Schaeffer, l’un des pères fondateurs de la musique dite concrète ainsi que de cette musique numérique immersive, ne devrait pas être très loin… dans les compositions, peut-être, de Manuella Blackburn, artiste britannique proche de ce courant qui promène ses créations entre l’abstrait et le figuratif. « Il y a quelque chose de très poétique dans sa musique. On sent les lignes. On voit les figures », résume M. Dufort. La compositrice va partager la scène avec Keith Fullerton Whitman, des États-Unis, figure montante de cette musique électrocontemplative - mais « pas hermétique pour autant », assure le directeur artistique -, qui justement se prépare à livrer une composition inédite réalisée au studio du Groupe de recherches musicales (GRM), fondé dans les années 1930 par Schaeffer.


    Ailleurs, l’Espagnol Francisco Lopez va une nouvelle fois chercher à rendre intelligible le bruit, alors que l’Américain Daniel Menche débarque avec sa guitare électrique, sur une scène équipée de « 42 haut-parleurs », insiste-t-on à Akousma, pour en faire tout autant, lors d’une soirée à part dans la programmation, « pour des oreilles plus aventureuses », souligne le responsable de la programmation.


    Depuis sa création au début du siècle, le festival de musique numérique immersive croît tranquillement au fil des ans, attirant, avec ces sonorités et assemblages parfois improbables, une clientèle toujours plus bigarrée. « Musicalement, les gens ont envie de vivre des aventures intellectuelles, dit M. Dufort pour expliquer ce succès. Ils sont curieux, tannés aussi de se faire gaver de musique à consommation rapide, et tout ça finit par les conduire vers nous. »


    La musique électroacoustique a également le vent dans les voiles, poussée qu’elle est par le jeu vidéo, les arts médiatiques ou encore les compositeurs d’électronique traditionnel qui tendent à puiser régulièrement dans l’univers de cette musique numérique immersive. Sans doute pour changer leur perception.













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