Le Soda délirant de Lisa LeBlanc
Des revendeurs, Lisa! Du coin de la Catherine jusqu’au Soda! J’aurais aimé qu’elle voie ça, la championne de Rosaireville: comme Fleetwood Mac au Centre Bell! Eut-il fallu le Métropolis pour sa rentrée montréalaise?
Faut croire. « Vous êtes ben malades ! », s’est-elle exclamée samedi soir après sa salve d’intro–J’pas un cowboy et Motel -, constatant les dégâts. Eh oui. Tous fous malades d’elle et de ses chansons. Tous âges confondus. Tous debout sauf au balcon. Un parterre de Soda compact, assez compact pour soutenir une séance de crowd-surfing, rêve éveillé qu’exaucera Lisa, littéralement portée par l’ambiance en fin de show. « Plein de monde ont touché mes fesses ! », exultera-t-elle, triomphante.
Faut croire. « Vous êtes ben malades ! », s’est-elle exclamée samedi soir après sa salve d’intro–J’pas un cowboy et Motel -, constatant les dégâts. Eh oui. Tous fous malades d’elle et de ses chansons. Tous âges confondus. Tous debout sauf au balcon. Un parterre de Soda compact, assez compact pour soutenir une séance de crowd-surfing, rêve éveillé qu’exaucera Lisa, littéralement portée par l’ambiance en fin de show. « Plein de monde ont touché mes fesses ! », exultera-t-elle, triomphante.
C’est quand même le seul mot qui tienne: triomphe. Dès qu’elle s’est montrée, Lisa, rien que pour présenter la première partie des Hay Babies, le trio de ses « chums » acadiennes, c’était furieux. Généreuse Lisa! Elles ont eu cinquante grosses minutes pour présenter leur country-folk trilingue, les Julie Aubé, Katrine Noël et Vivianne Roy: en français, en anglais, en chiaque, elles ont joliment harmonisé, parfois vigoureusement, et on comprenait que Lisa la trash-folkeuse n’est pas la seule trash-folkeuse de son coin. « L’Acadie takes over Club Soda », a résumé Lisa, frémissante de fierté, à son retour sur scène.
Quand on a qu'un album
Son show à elle était celui qu’on fait quand on a seulement un album au curriculum: ledit album au complet moins une chanson (Juste parce que j’peux), plus un rock’n’roll d’Elvis pour le party (Hound Dog), et deux inédites: Downtown, et Vingt-deux. Downtown, c’est Lisa qui s’étonne de voir des filles en mini-jupe sur Saint-Laurent à moins trente, chronique de fille-de-campagne-débarquée-en-ville. Dans Vingt-deux, délicat folk doux-amer, elle témoigne crûment de sa vie depuis le succès, party et après-party, soirées trop arrosées qui « finissent par sécher », très Janis dans le genre. J’aurais bien pris une petite séquence de la Lisa des clubs d’avant le succès fou: un peu de Stevie Nicks, de CCR, histoire de mieux comprendre d’où elle vient, avec mise en contexte. Ça aurait allongé son spectacle, totalement satisfaisant mais quand même pas bien long.
Cela étant, je la comprends de ne pas vouloir regarder en arrière. L’album, tout le monde l’a chanté avec elle, toutes les paroles de toutes les chansons, au point qu’arrivés à Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde, les gens chantaient à sa place. Les versions avaient encore plus de chien que les fois d’avant, vous pensez bien, Lisa roule ce show-là avec le batteur Maxime Gosselin et le guitariste JP Hébert depuis le printemps, sur deux continents. Ça modulait puissamment, menant par moments son folk-trash à un paroxysme de headbanger métalleux. Ce qui rendait plus fragiles encore ses chansons fragiles: les gens faisaient « shhhhhhh… » aux jaseux de fond de salle pour mieux entendre chaque mot de Lignes d’Hydro et Kraft Dinner. « J’aimerais ça qu’on s’regarde dans les yeux pis qu’on s’dise des belles affaires / Ça sortira p’t’être tout à l’envers / Mais au moins nous autres on s’comprendra ».
Ces mots-là.








