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    Spectacles - Tout pour mieux entendre Mes Aïeux

    11 octobre 2012 |Sylvain Cormier | Musique
    Faire la fête, ils savent. Et ne s’en privent pas, c’est une force et un plaisir, mais aux moments idoines : on est en ce mercredi soir de rentrée montréalaise au Monument-National et c’est le spectacle de leur Tour du printemps, corollaire de l’album À l’aube du printemps. Il est loin le temps du Spectrum, des déguisements d’ange, diable et cie, du reel menant au reel menant au reel, et du délire ininterrompu de la génération Dégénérations : le trad est encore présent dans le déroulement, essentiel même, pour que ça lève en milieu de deuxième partie. Mais le groupe a évolué, vieilli forcément : ce serait « déni de l’évidence » que de faire semblant. C’est même le thème de leur chanson Passé dépassé : on est fatalement le has been de quelqu’un. Et tant pis. Et tant mieux. D’où : soirée mature aux ponctuations festives.
     
    C’est tout à l’honneur de Mes Aïeux d’exister au présent, mieux, d’en profiter : choisir le Monument-National n’est pas fortuit, une salle assise est certes assise, mais autrement attentive. Et c’est le grand désir de Mes Aïeux aujourd’hui : être entendu. À l’aube du printemps est un disque en forme d’appel, de cri de ralliement, de colère collective, qui commence par Viens-t-en (à la scoute !), qui met en garde contre l’intolérance dans Histoire de peur, qui raille les aboyeurs de tout crin dans La stakose (le « richardmartinisme », dira Stéphane Archambault après lecture commentée des titres de chronique dans Le Journal de Montréal…), un album qui désespère de l’avenir en bâtissant quand même. Disque brave.
     
    Le spectacle est une traversée de l’album, donné en entier, avec une demi-douzaine d’anciennes brodées en motifs sur la courtepointe : pas question d’oublier d’où on vient, pas question de reculer non plus. Oui, il y a encore des costumes, mais discrets, genre notables dans Cormoran : l’œil s’en détourne vite. Et pour toutes les trouvailles de la mise en scène Mes Aïeux-Gabriel Pontbriand (de Moment Factory), et toute la conception d’éclairages du même Pontbriand, une consigne a été suivie : en faire beaucoup avec le moins possible. Théâtralité, oui, mais au service des chansons : oui, perruques Louis XVI et fous du roy, mais uniquement pour La stakose. Oui, ambiance Halloween, mais rien que pour Histoire de peur. Dosage, partout.
     
    Et musique à l’avant-plan, plus longtemps. Belles séquences instrumentales dans Le repos du guerrier/Loup blanc (très saxo Pink Floyd 1973), subtiles modulations dans Le fil, l’occasion d’être mieux entendu aura aussi été l’occasion de mieux jouer.












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