Le bal des utopies créatrices au 13e Festival du monde arabe
Du 26 octobre au 10 novembre se succéderont, dans plusieurs salles de Montréal, les conférences, tables rondes, débats, films, de même que les oeuvres de théâtre, de danse, de conte et de musique. Des concerts attendus ? Des tonnes, mais les noms sont généralement inconnus du grand public. Voyons ça de près.
La création principale de cette année porte le nom évocateur de Dieu en 3D. L’événement, qui s’inscrit dans la mouvance du Cercle de l’extase, crée un trait d’union sacré entre le lyrisme du christianisme, les chants mystiques de l’Islam et les rythmes extatiques des Derviches tourneurs d’Alep. À cela, on ajoute cette année une dimension judaïque.
Sur le plan des musiques savantes, le FMA a encore beaucoup à offrir. À preuve, cette fascinante rencontre entre la grande chanteuse persane Sepideh Raissadat, le réputé compositeur Hamid Motebassem et l’ensemble Mezrab. Cela, en plus du maestro du malouf algérien Hamdi Benani, de Macadi Nahhas, étoile montante à la voix éthérée, et d’Abdel Rahman el Bacha, le pianiste imprégné de l’Est et de l’Ouest.
Il faudra également surveiller l’hommage à Dahman el Harrachi, le compositeur du Ya Rayah de Rachid Taha, par son fils Kamel el Harrachi. Toute l’immigration y sera célébrée. Il y a aussi ces artistes que l’on n’attendait pas : les Violons barbares, qui marient les traditions de Mongolie et des Balkans, ou Zohreh Jooya et l’ensemble Afghan, composé de musiciens exilés.
Si les porteurs du printemps arabe occupent moins de place que l’an dernier, on propose toutefois Lotfi Double Kanon, le rappeur qui s’inspire aussi du r’n’b et de la musique populaire de son pays, l’Algérie. D’autres mélanges contemporains sont prévus : Sultans of String et ses croisements de cordes multiples ; Nicolas Pellerin et ses grands hurleurs atmosphériques ; Samira Brahmia, la « cheikha » métisse ; Mel M’Rabet à l’oud jazz et flamenco, Mohamed Masmoudi et Zal Sissokho dans un croisement d’oud et de kora, Sabah Lachgar et son Cafe Cantante, qui chante les deux rives de la Méditerranée ; Marie Trezanini, aux saveurs orientales dans un nouveau spectacle. De quoi nous tenir en haleine pendant deux semaines.
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