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Et finalement… Arthur H!

24 septembre 2012 00h32 | Sylvain Cormier | Musique
Comme autant de soupapes exhalant l’air trop longtemps comprimé, ça soupirait de partout dans le Rialto samedi soir à 22h20. «Enfin! EnFIN! ENFIN!» Oui, finalement, il était là, Arthur H, dans son bel habit luisant, et le bon groove pulsait. «Ma Barbarella, ma belle Calypso…» Il se déhanchait, se tortillait, ondulait en rythme, faisait son p’tit James Brown: il en mettait, le bougre, il en mettait, et ça réagissait, ça réagissait. «Je suis ton paquebot, ton matelot barjo / Je m’engouffre dans ton gouffre…» Sensualité exacerbée. Musiciens en phase, puissante machine dansante. Ça chauffait, ça n’allait plus arrêter de chauffer. Baba Love, l’album, exauçait sa promesse d’expérience sensorielle.

C’était pas trop tôt, mes cocos. Avant qu’Arthur ne chauffe la place, on avait chauffé… nos chaises. Deux heures et demie durant. Ajoutez les trois-quarts d’heure dehors, en file sous les parapluies, ça faisait long longtemps. Et tout ça pour quoi? Vous me direz: un show formidable d’Arthur H pas cher du tout, 25 $, une aubaine. Ce qui est vrai. Mais avec deux autres prestations avant. D’artistes pas plus intéressants que des ronds de flan. Le vrai prix à payer. Le moins bon plan.


Je comprends qu’à Pop Montréal, on privilégie la découverte, noble mission, mais la tendance à la boursouflure du nombre - 600 shows en cinq jours - ne sert pas toutes les clientèles. Ces gens qui avaient rempli le Rialto pour Arthur H ne courent pas Pop Montréal dans tous les sens et jusqu’aux petites heures: ils venaient voir Arthur H. En cela, se farcir Daniel Isaiah et le groupe belge Roscoe était bien plus une punition qu’une valeur ajoutée.


Vraiment. Isaiah? Une demi-heure de la même chanson déguisée en plusieurs chansons, le phrasé vaguement Dylan, de bons musiciens qui se regardaient jouer, ignorant le public, s’ignorant les uns les autres. En tout et partout, l’impression d’avoir été un bloc de bois qu’une lime à ongles s’évertuait à tenter de scier. Roscoe? Des gars de Liège, qui cartonnent en leur beau pays, grand bien leur fasse. Un chanteur blond qui chante en anglais. Mais qui ne le parle pas. Yaourt marmonné par le nez. Qui ne chante pas du nez, je précise, mais bien avec son nez, comme s’il s’agissait d’une trompette avec une sourdine. La musique de Roscoe? Du planant, de l’éthéré, bien joué et modulé, mais confinant à la catatonie.


D’où les grands soupirs à l’arrivée d’Arthur H: le voir était récompense, soulagement, délivrance. Après, tout baignait dans la bonne sueur, c’était groove imparable après groove imparable, Give Me Up, Le paradis il est chinois (et le Rialto est chinois aussi, a dit Arthur). Arthur a chanté Dis moi tout pour son amie partie Lhasa et c’était magnifique. Et les gens avaient oublié les deux heures et demie de voyage au bout de l’ennui. Pas moi. Après quarante minutes d’un Arthur H franchement déchaîné, malgré la frénésie à venir, j’ai décidé que c’était assez. Une fois dans l’auto, je me suis exclamé à mon tour: «Enfin!»

 
 
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