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    Constantinople présente Jardins migrateurs

    20 septembre 2012 |Yves Bernard | Musique
    À Québec jeudi et à Montréal vendredi
    Pour la première fois, Constantinople part à la rencontre de l’Afrique et invite Ablaye Cissoko, superbe joueur de kora et porteur de paroles, pour la présentation de Jardins migrateurs, qui ouvre la 11e saison de l’ensemble montréalais jeudi soir à l’espace Hypérion de Québec, et vendredi à la salle Pierre-Mercure de Montréal. C’est une rencontre entre les cordes et les voix, alors que deux instruments se trouvent comme s’ils avaient toujours grandi ensemble.

    « J’étais fasciné par le setâr persan et il me fallait trouver un joueur », raconte Ablaye Cissoko. « Moi, j’avais depuis longtemps envie d’échanger avec une koriste mandingue. La kora se marie super bien avec mon instrument, répond Kiya Tabassian, maître du setâr et directeur musical de Constantinople. J’ai cherché longtemps, puis lorsque j’ai entendu la musique d’Ablaye, ce fut le coup de foudre. »


    Griot saint-louisien du Sénégal, Ablaye est l’héritier de l’art mandingue dans la grande tradition des Cissoko. Le jeu empreint de finesse et de limpidité à la kora, il dégage la sérénité du sage qui est conscient de sa mission sur cette planète : « La violence a toujours existé et si le monde est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est à cause de l’homme. Pour moi, l’art est une façon d’amener la paix. Si d’autres prennent les fusils, nous, on prend les instruments. Nous avons aussi le devoir de garder la tradition pour qu’on ne la noie pas. Si on la noie, elle disparaîtra dans l’eau. »


    Mais d’aucune façon, cela n’empêche la création, la découverte du jardin de l’autre, la migration par le dialogue. Jardins migrateurs évoque cette exploration. Kiya Tabassian, raconte : « Les jardins sont notre mémoire. Je cueille dans celui d’Ablaye, il puise dans le mien. Nous proposons aussi des pièces traditionnelles et des créations communes. Les musiques persanes et mandingues sont modales, mais les phrasés sont très différents. La kora est un instrument très complet, alors que le setâr est monodique. Ablaye chante ses poèmes contemporains et moi j’interprète des textes du xiiie siècle de Rumi et d’Hafez. Pour moi, c’est intéressant de mettre ces paroles en dialogue, parce que la parole, c’est le fondement d’une société. Nous faisons alors dialoguer toute une pensée d’une société avec celle de l’autre. »


    Ablaye Cissoko et Kiya Tabassian pourront s’envoler en musique et en poésie pendant que Pierre-Yves Martel assurera le travail de la basse à la viole de gambe et que Ziya Tabassian fera plonger dans les rythmes.


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