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Concert classique - Jungle Bells

14 septembre 2012 | Christophe Huss | Musique

SMCQ

«L’Homme et son désir». Nicole Lizée: The Man With the Golden Arms (2012, création). Michel Longtin: Lettre Posthume de Conrad (2000). Milhaud: L’Homme et son désir. Solistes, Ensemble de la SMCQ et Sixtrum, Walter Boudreau. Salle Pierre-Mercure, jeudi 13 septembre.

Soirée crève-coeur, avec un choix nécessaire entre Bernstein et Debussy à l'OSM et le concert d’ouverture de la saison 2012-2013 de la SMCQ. Ce dernier était placé sous le signe de la percussion et des voix, une oeuvre de Milhaud lui donnant son titre. L'Homme et son désir a été composé en 1918 pour quatre voix, douze instruments et une percussion fournie (20 instruments!). Il m’avait échappé, hélas, que la SMCQ donnait une version révisée pour six percussionnistes par Bruce Mather et Pierre Béluze. Dans son préambule, Walter Boudreau nous assure que «rien n’y manque». J’ai pourtant eu, subjectivement peut-être, cette impression (machine à vent?, marteau?)…

Walter Boudreau vise juste, avec perspicacité, en ravivant cette partition étonnamment moderne. On notera au sujet du dispositif adopté par Milhaud, qu’il n'est pas redevable de Stravinski, qui a certes achevé Les Noces en 1917 mais ne les a orchestrées qu'en 1923.


Cet étrange ballet, ou «poème plastique», repose sur des musiques du folklore brésilien. Il y a aussi une sorte de cacophonie intrinsèque, exaltant en quelque sorte le caractère touffu de la jungle amazonienne. Quant à la Provence elle n’est jamais loin. Outre l’originalité, c'est ce mélange qui fait l’attrait de la chose.


Dans L’Homme et son désir, Milhaud réussit l’intégration percussions et instruments à cordes et à vents. L’autre belle idée de Walter Boudreau a été de lui associer Lettre Posthume de Conrad de Michel Longtin, qui réussit très exactement la même chose, avec, en plus, des effets de volume et d’espace liés au positionnement des groupes de percussion. Cette oeuvre est articulée en sections, certaines même frémissantes et émouvantes, tel un solo de violoncelle ou la fin, lorsque Conrad se meurt.


L’oeuvre complexe de Nicole Lizée, écrite pour le percussionniste Ben Reimer, montre, tout au contraire, la difficulté de traiter la batterie en synergie avec des instruments traditionnels non amplifiés. L’exercice de style est aussi tortueux que lassant.

 
 
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