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Spectacle - La chasse aux chansons, saison ouverte

12 septembre 2012 | Sylvain Cormier | Musique

Lundi soir de rentrée en ville. Faut choisir, ça démarre à 20 h pour tout le monde : soit le premier jamboree de l’Open Country des Mountain Daisies et leurs invités dans le nouveau p’tit Grand Ole Opry de l’avenue du Mont-Royal (migration de L’Inspecteur Épingle au Verre Bouteille) ; soit le spectacle des cinq finalistes du septième prix Écho de la chanson, au Lion d’Or. Du beau, du bon partout. Pas envie de choisir. Et si on vadrouillait ? Vadrouillons.


Jasette à l’entrée du Verre Bouteille avec Carl Prévost et Ariane Ouellet des Daisies, et Rick Haworth le roi de la pedal steel et de l’anecdote qui clapote dans son bon jus. On parle de Saint-Tite et de Paul Daraîche, dont l’album de duos est lancé en plein festival le lendemain. Faut-il dire que nous sommes tous membres en règle de la Société d’admiration de la famille Daraîche ? Carl et Rick ont travaillé avec Paul, échangent les histoires de studio, de tournée. Rock’n’roll, la vie country façon Daraîche : cymbales qui roulent dans la rue quand on ouvre les portes de la camionnette, etc.


Ce n’est pas tout, ça, Ariane signale que le patron du lieu, René Flageole, voudrait bien que ça commence : il est 20 h 30, délai raisonnable. À L’Inspecteur, il ne se passait rien avant 22 h. Et hop, ruade ! Ils ont dix ans de country dans les bottes, ces Mountain Daisies, et le groupe autour d’Ariane et Carl joue avec l’aplomb des Buckaroos de Buck Owens et la saine délinquance des Fallen Angels de Gram Parsons. Dommage que Dick Rivers soit déjà en route pour Saint-Tite et le spectacle de Paul Daraîche : je l’aurais bien amené au Verre Bouteille, en invité-surprise, et il y aurait eu un sacré boeuf. Je ne me plains pas : Éric Goulet et Antoine Gratton, habitués, sont là pour baptiser la place.


Goulet, qui retrouve quelques-uns de ses compagnons d’aventure (Les Chevals de feu), se fait plaisir en faisant plus plaisir encore, ravive l’Elvis des années Sun (Mystery Train), repique les Stones des années seringues (Dead Flowers), countryfie le rock alterno de ses propres Chiens (Un morceau en moins, La nuit dérobée) : un régal. Faut voir Haworth s’insinuer sans s’imposer, virtuose sans autre ambition que de contribuer au son d’ensemble : avec le violon d’Ariane, la guitare de Carl, la section rythmique de Vincent Carré-Yves Labonté, les choeurs d’Ariane et Audrey-Michèle Simard, c’est le meilleur posse à l’est de la rivière Pecos.

 

Échantillons, mais quels échantillons !


Je quitte à la pause (mes excuses à Antoine Gratton) et rallie le Lion d’Or alors que Salomé Leclerc achève son bout de chique. Drôle d’affaire que ce spectacle, sorte de showcase ouvert au public, où la SOCAN aligne les cinq finalistes de son prix Écho de la chanson, septième du nom : chacun se produit durant une bonne quinzaine de minutes, mais en fait, une seule chanson par artiste est en lice (on peut voter une fois par jour sur le site www.prixecho.ca, jusqu’au 10 octobre, et la bourse de 5000 $ va à l’auteur et au compositeur).


C’est quand même l’aubaine de la semaine (à part peut-être le spectacle de Daran jeudi au Rialto, où tant d’invités ont dit oui à l’invitation que l’intéressé récemment croisé se demandait s’il n’allait pas se convertir en « animateur d’émission de variétés ») : pour un petit vingt de rien du tout, dans la proximité du Lion d’Or, on obtient Koriass, Marie-Pierre Arthur, Salomé, Avec pas d’casque et Lisa LeBlanc. Imaginez ça à L’Astral, disons, pendant les Francos : la ruée !


C’est très plein, remarquez bien, l’occasion dûment chérie et la qualité d’écoute exceptionnelle : qu’il s’agisse des arrangements étonnants d’Avec pas d’casque - cor, trombone, guitare, percussions dans Les oiseaux meurent aussi, la magnifique Deux colleys et Intuition #1 - ou de la seule guitare acoustique de Lisa LeBlanc dans Kraft Dinner et Lignes d’Hydro, c’est en effet la chanson qui est célébrée. La chanson telle qu’elle exulte présentement au Québec : Stéphane Lafleur, ce discret homme qui est le moteur d’Avec pas d’casque et un parolier hors du commun, n’en revient pas de la « courte et belle liste » des chansons proposées au même endroit le même soir. Les spectateurs non plus. À la sortie, fatalement, on se dit qu’à 1000 $ le prix partagé, ce serait plus juste et pas cher payé.

 
 
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