Musiques du monde - De la diversité au menu
L’été montréalais se prolonge le 10 septembre au Corona et deux jours plus tard à la salle André-Mathieu, alors que Bombino revient. Guitariste touareg au blues fluide et aux longues lignes épurées, il propose des pulsions hypnotiques, énergiques, sautillantes et mordantes. L’an dernier, il avait créé une commotion au Balattou. Une sacrée re-découverte !
Puis, le 29 septembre, Lorraine Klaasen retrouvera sa mère Thandie et d’autres invités au Théâtre El Caballero, quelques jours après la parution d’un nouveau disque-hommage de Lorraine à la grande Miriam Makeba. Le nouvel opus fera l’objet d’un autre concert de celle qui est venue d’Afrique du Sud, le 5 novembre, au Cabaret du Mile End.
Au même endroit, le chanteur guitariste Alpha Yaya Diallo et le West African Summit proposeront une célébration de l’Afrique de l’Ouest le 17 novembre avec Prince Diabaté à la kora, Naby Camera au balafon et deux danseurs. Véritable héros de la guitare africaine au Canada, Diallo peut créer dans plusieurs styles, malinkés et peuhls, entre autres.
Du côté brésilien, on ne pourra passer sous silence le retour de Gilberto Gil au théâtre Maisonneuve le 23 novembre. Pionnier de la tropicalia, l’ancien ministre de la Culture du gouvernement Lula a fait paraître l’album Bossa Muffin, dans lequel il marie la bossa à la samba et au ragga. Aucun genre brésilien de sa génération ne lui échappe.
Les amateurs de flamenco ont rendez-vous au premier Festival flamenco Montréal (FFlaM) au Rialto et au Gesù, du 15 au 22 septembre. Au programme : les douze Torontois de Flamenguitos del Norte, les Montréalais de Cafe Cantante entre flamenco et chant arabe, le guitariste Javi Gomez et La Diosa impura, de Caroline Planté et Cruceta Flamenco.
Une grande dame du flamenco contemporain s’amène également au théâtre Maisonneuve le 25 octobre : Concha Buika, qui porte en elle la rencontre de l’Andalousie, de l’Afrique et de la diaspora. La voix légèrement voilée, elle possède l’art de la déchirure du blues universel et la profondeur du duende flamenco. Une artiste majeure !
Grands emportements
Il y a aussi les grands emportements cadencés à cent milles à l’heure. Dans ce créneau, la Fanfare Ciôcarlia est fortement recommandée le 19 septembre au Cercle à Québec et le lendemain au Rialto dans le cadre de Pop Montréal. À grands coups de caisses claires, de timbales, de clarinettes, de cornes et de trompette, ces maîtres roms sont dans une classe à part.
D’autres, comme Bratsch, continuent d’inventer les territoires imaginés. Après le concert des Francos, ils reviennent au Québec pour offrir la tournée générale dans 12 villes entre le 24 octobre et le 9 novembre, le temps d’un dernier verre pour les larmoiements langoureux, la gravité pénétrante et les chansons sociales du disque Urban Bratsh.
Le Festival du monde arabe se déroule quant à lui du 26 octobre au 11 novembre. À souligner pour l’instant : les célèbres revivalistes marocains Jil Jilala, la nouvelle création Dieu en 3D, le pianiste franco-libanais Abdel Rahman el Bacha, le maître du maalouf Hamdi Benani, Zohreh Jooya et l’Ensemble afghan, les cordistes canadiens Sultans of String, les Violons barbares et Sepideh Mezrab, un ensemble de musique persane sous la direction du maître Hamid Motebassem. En plus du FMA, les aficionados du compositeur libanais Marcel Khalifé seront ravis d’apprendre qu’il vient présenter Fall of the Moon, en hommage au poète palestinien Mahmoud Darwish, au théâtre Maisonneuve le 6 octobre.
Qui d’autre ? Les Punch Brothers au Corona le 21 septembre, Constantinople avec Ablaye Cissoko à la salle Pierre-Mercure, Gadji-Gadjo au Lion d’Or le 19 octobre, Malouma à l’Olympia le 27 octobre, Le Vent du Nord au Gesù le 30 octobre, Eliades Ochoa à L’Astral le 1er novembre, Harry Manx au Gesù le 16 novembre, Django Renhardt AllStars à L’Astral les 21 et 22 novembre et, pour terminer l’année, quelques bons partys, dont ceux de La Bottine souriante au Rialto les 28 et 29 décembre. Enfin, nous apprenions cette semaine la présentation d’Acoustic Africa avec Dobet Gnahore, Kareyce Fotso et Manou Gallo au Mile End le 27 octobre. Bonne saison !










