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Osheaga : prendre du muscle plutôt que des grosses têtes

28 juillet 2012 | Philippe Papineau | Musique
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	Le dimanche 5 août, les Black Keys reviennent pour la troisième fois au festival Osheaga.</div>
Photo : Osheaga
Le dimanche 5 août, les Black Keys reviennent pour la troisième fois au festival Osheaga.

La grosse prise. Tous les organisateurs de festival rêvent d’attraper l’artiste ou le groupe que tout le monde connaît et que tout le monde veut voir. La quête est souvent ardue pour avoir LE nom en haut de son affiche, en trois fois plus gros que n’importe qui. Au festival montréalais Osheaga, personne n’aurait craché sur un monument de l’alternatif, mais pour cette septième édition qui commence vendredi, les organisateurs ont choisi d’avoir des groupes de talent à travers toute la programmation. Du muscle plutôt que de la grosse tête.


Au bout du fil, le fondateur et directeur de la programmation d’Osheaga, Nick Farkas, avoue que cette édition 2012 n’a pas dans ses filets l’équivalent d’un Eminem, qui avait attiré beaucoup de gens au parc Jean-Drapeau l’an dernier. On y trouve plutôt les Français de Justice, Sigur Ros, Feist, Metric, Snoop Dogg, The Black Keys, mais aussi Jesus and Mary Chain, The Weeknd, Garbage et près de 90 autres groupes, dont une bonne dizaine de Montréalais et une poignée de francophones.

 

La force du nombre


« Au début du festival, on pensait que c’était hyperimportant d’avoir des grosses têtes d’affiche, mais on a réalisé avec le temps qu’on était capables de combler le désir des vrais fans d’Osheaga avec une centaine de groupes qui les intéressent. C’est ça, la force d’Osheaga », dit Farkas, qui s’occupe également des spectacles pour l’ensemble de la programmation du producteur evenko. « Et des têtes d’affiche, il n’en existe pas beaucoup. »


Selon Farkas, une attention particulière a été portée cette année au rythme et à la qualité de l’ensemble des trois journées complètes de concerts. « Le plus dur, c’est que M83, The Weeknd, MGMT, Florence and The Machine et compagnie veulent tous jouer dans la noirceur. Mais il n’y a qu’une seule case horaire de nuit sur chaque scène, à la limite deux. Il faut regarder les demandes de chacun et essayer de marier ça… Parfois il y a de gros noms qui jouent à 16 h ! Ça peut être un deal breaker, mais on n’a pas le choix. »


En misant, encore, sur le muscle et en faisant se déplacer les festivaliers de scène en scène, Osheaga dit d’ailleurs se rapprocher davantage de sa volonté de faire découvrir des groupes aux visiteurs. « On sait qu’il y aura plus de circulation dans le parc Jean-Drapeau, et c’est ça qu’on aime. On essaie d’agencer les groupes pour que le monde puisse voir 20 minutes d’un spectacle et partir voir 20 minutes d’un autre », dit Nick Farkas. Des scènes ont été déplacées pour le confort de la foule, et la signalisation sera améliorée.

 

Ça plane pour eux


Avec des racines implantées lentement mais sûrement au cours des sept dernières années, Osheaga a maintenant les reins solides et ne s’inquiète pas trop des difficultés de quelques-uns de ses semblables en Europe, où la crise économique ébranle de plus en plus de pays.


« On est vraiment devenu une destination, dit Nick Farkas. On savait au début qu’il n’y avait pas vraiment assez de population au Québec pour supporter le genre de festival qu’on voulait faire et, pour que ça marche, il fallait attirer des gens d’un peu partout. Et ça marche super bien. Cinquante % de nos ventes proviennent d’en dehors du Québec : 5 à 10 % d’Américains, et beaucoup d’Ontariens et de gens du reste du Canada. »


Selon Farkas, au Canada, il y a peu de compétition pour Osheaga, tandis que les gros événements américains - Coachella, Lollapalooza, Bonnaroo… - réussissent encore bien. « Pour ceux qui ont établi leur clientèle, je pense que les effets économiques sont moins importants. Mais pour les événements qui se sont essayés récemment, ç’a été trop dur. Dans les cinq dernières années, il y a pas mal de festivals en Amérique du Nord qui ont cessé leurs activités, comme All Points West, à New York, ou le Kanrocksas. »


Le budget de fonctionnement d’Osheaga est en hausse chaque année, comme les dépenses, mais la croissance lente du festival lui a permis de voir venir les coups. « Les cachets augmentent toujours un peu, des fois dans un genre spécifique, dit Farkas. Cette année, c’est en électronique. La popularité du genre a littéralement explosé, alors les DJ demandent plus ; c’est la loi de l’offre et de la demande. C’est de bonne guerre. »


Et avis aux parents mélomanes, Osheaga, qui est gratuit pour les moins de 10 ans, aménage cette année une zone pour les enfants. « La majorité des visiteurs ont de 16 à 25 ans, mais il y a aussi une quantité importante de visiteurs entre 25 et 50 ans, et plusieurs ont des enfants. Notre clientèle a grandi, ça fait quand même sept ans ! »


***


À voir à Osheaga

Vendredi 3 août


- Fun., 14 h 45. Le groupe américain a une attitude musicale proche de celle de Queen, où le drame côtoie la classe. Son gros succès : We Are Young, avec Janelle Monáe.


- Amadou et Mariam, 17 h. Le couple de Maliens - les deux sont aveugles - a en poche un nouveau disque, Folila, et impressionne toujours par son énergie et son adresse.


- MGMT, 20 h 45. Nick Farkas a mis la main sur l’excellent groupe pop-électro, qui ne donne que deux concerts en sol nord-américain cet été. Ça va danser.

 

Samedi 4 août


- Calexico, 15 h. Les grands de l’alt-country, basé à Tucson en Arizona, viendront faire résonner guitares et trompettes à Montréal. Et qui sait s’ils nous parleront en français ?


- Garbage, 19 h 15. Sept ans de silence plus tard, Garbage et sa chanteuse Shirley Manson sont à nouveau en vie, au grand plaisir de nombreux trentenaires.


- The Jesus and Mary Chain, 21 h 45. Plusieurs se pincent encore au retour de ce groupe mythique. « Qu’est-ce que ça vous prend pour venir à Osheaga ? », leur a demandé Nick Farkas. On ne sait pas ce qu’ils ont répondu, mais ils l’ont obtenu.

 

Dimanche 5 août


- Dan Mangan, 14 h. Valeur sûre de l’indie pop, le Canadien a de belles chansons, mais surtout une belle énergie et un charisme étonnant.


- Koriass, 15 h. Le rappeur québécois a de bonnes chansons en poche et joue entre le sérieux et le deuxième degré. Un des meilleurs disques rap au Québec des derniers mois.


- The Black Keys, 21 h 15. Ils sont venus souvent à Osheaga, et plus généralement à Montréal, mais le duo blues rock est si bon en spectacle qu’on vous suggère fortement le détour.

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	Le dimanche 5 août, les Black Keys reviennent pour la troisième fois au festival Osheaga.</div>
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	Les Maliens Amadou et Mariam présenteront des chansons de leur nouvel album, Folila. </div>
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	Le rappeur québécois Koriass sera aussi de la partie avec ses morceaux oscillant entre le sérieux et le deuxième degré.</div>
 
 
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