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Vijay Iyer sacré artiste de l’année

Le référendum annuel de Down Beat

21 juillet 2012 | Serge Truffaut | Musique
En couverture du magazine américain Down Beat, le pianiste Vijay Iyer.
Photo : En couverture du magazine américain Down Beat, le pianiste Vijay Iyer.

Purée ! C’est pas des blagues ! Autrement dit, c’est le contraire, donc sérieux… Enfin, pas autant que le taux interbancaire manipulé par les malfrats de la Wall Street de la City, mais… Down Beat vient de publier les résultats du 60e référendum consacré aux gestes, petits et grands, posés au nom du jazz et du blues.


Tenez-vous bien. Mieux, concentrez-vous à la nanoseconde, car le nom du grand vainqueur de la 60e cuvée devrait vous surprendre, voire vous tétaniser. Pis ? Il s’appelle Vijay Iyer. Il est pianiste et docteur en mathématiques et en physique.


Toujours est-il que cet Américain d’origine indienne, comme dans le Comptoir des Indes cher à Louis XV, a raflé les titres de pianiste de l’année, d’artiste de l’année, de trio de l’année, du plus prometteur des compositeurs, alors que son album Accelerando paru sur étiquette allemande ACT a été nommé disque de l’année.


Au total, Iyer a récolté cinq trophées. Mine de rien comme de beaucoup, de mémoire pas encore percutée par zizimer alias Alzheimer, cinq prix, c’est beaucoup. Et cela met en relief un fait, un constat, important, très important même.

 

Autres temps


On assiste à un changement de génération. Oui, oui, oui… Pas besoin d’être grand clerc pour avancer ce qui précède. Car lorsqu’on s’attarde à d’autres catégories, on note que le trompettiste no 1 est Ambrose Akinmusire, que le saxophoniste alto no 1 est Rudresh Mahanthappa, également d’origine indienne. Que le clarinettiste no 1 se nomme Anat Cohen, que le pianiste Robert Glasper arrive en seconde place derrière Iyer dans la catégorie « artiste de l’année ». Bref, cette année est celle du changement générationnel ou, pour parler chico-branché, du changement de paradigme.


De l’album de Vijay Iyer (29 $ taxes comprises chez Archambault ; on ne l’a pas vu chez HMV), on retient qu’il est emblématique de cette inclination pour la modernité. Ses compositions fourmillent de ponctuations complexes, jamais rébarbatives ou m’as-tu-vu…


Signe de ce souci marqué pour imprimer sur ses menus travaux les signes de la « maux-d’air-nid-thé », Iyer a repris à son compte, fait rarissime, une composition écrite par Henry Threadgill, le très sous-estimé saxophoniste. Le titre ? Little Pocket Size Demons.

 

Sonny Rollins ?


Bon. Après l’Accelerando d’Iyer, Road Shows Vol. 2 de Sonny Rollins se trouve à la deuxième place des meilleurs albums de 2011. Dieu sait si on aime Rollins, mais là, vraiment, on ne comprend pas. On ne comprend pas parce que Rollins, des live plus convaincants que celui-ci, il en a signé un sacré paquet.


Rio, de Keith Jarrett, un solo saisi au Brésil et publié par ECM, est troisième ; Be Good, sur Motéma, du chanteur Gregory Porter, est quatrième ; Alma Adentro : The Puerto Rican Songbook, sur Marsalis Music, est cinquième.


À noter, à retenir, à communiquer l’info suivante : Dr John, qui joue du piano avec des gris-gris et non des doigts, est l’artiste blues de l’année. Yes ! Mille fois yes ! Nom Dé Diou !
 

Vijay Iyer Trio - Human Nature

 
 
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