Lettre - Chansons d’ici et chansons en français
On apprenait récemment que la chanteuse torontoise Émilie-Claire Barlow préparait pour cet automne un premier album entièrement consacré à la chanson française, poussant même la coquetterie jusqu’à y inclure deux titres du répertoire québécois. Elle poursuit ainsi sur la lancée de plusieurs chanteuses et chanteurs américains (notamment Madeleine Peyroux) qui ne dédaignent pas à l’occasion d’offrir à leur public des interprétations en français de pièces empruntées à Piaf, Brel, Trenet, Gainsbourg ou autres.
Il est intéressant dans ce contexte de noter que des artistes d’ici, comme Pascale Picard ou, sur un autre registre, Simple Plan par exemple, dont le rayonnement déborde nos frontières, ne nous ont jamais fait l’aumône d’une seule chanson en français. Mais en quoi le fait d’intégrer ici et là un titre en français à son catalogue serait-il rédhibitoire ? Des artistes anglophones qui vivent au Québec comme Rufus Wainwright et Susie Arioli ne manquent pourtant jamais une occasion d’intégrer à leur tour de chant ou sur leur disque des chansons en français, et cela, sans que leur carrière en souffre, bien au contraire ! Dommage qu’ils n’aient pas davantage d’émules. Ou plutôt, quelle tristesse, en matière de jazz du moins, de devoir s’en remettre à des interprètes anglophones pour entendre une chanson dans notre langue !
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Réal Boisvert - Trois-Rivières, le 17 juillet 2012








