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L’opéra La tempête de Robert Lepage: toucher les non-initiés

18 juillet 2012 | Isabelle Porter | Musique
Devant le décor de l’opéra, Robert Lepage, le président du Festival d’opéra Grégoire Legendre et le maire de Québec Régis Labeaume se sont réjouis de l’approche de la première mondiale de La tempête à Québec, le 26 juillet.
Photo : Clément Allard - Le Devoir Devant le décor de l’opéra, Robert Lepage, le président du Festival d’opéra Grégoire Legendre et le maire de Québec Régis Labeaume se sont réjouis de l’approche de la première mondiale de La tempête à Québec, le 26 juillet.

Robert Lepage souhaite profiter de la première mondiale de La tempête à Québec pour convertir à l’opéra toutes les classes de la société.


« C’est une autre tentative de ma part de le populariser, de le rendre plus facile d’accès », a expliqué Lepage hier matin lors d’un point de presse.


« Les gens qui ne connaissent pas l’opéra, mais sont curieux vont être touchés, très émus par cette interprétation du texte de Shakespeare », a-t-il promis.


« L’opéra, malheureusement, c’est perçu comme une forme d’art pour une certaine classe de la société alors qu’au départ, ce n’était pas ça. C’était vraiment un grand rassemblement. »


Le spectacle qui sera présenté à l’automne au Metropolitan Opera de New York sera d’abord lancé à Québec le 26 juillet dans le cadre du nouveau Festival d’opéra.


La tempête raconte l’histoire du duc Prospero, forcé de s’exiler sur une île à la suite d’un complot politique. Capable d’user de magie, il déclenche une tempête pour provoquer le naufrage de ses ennemis.


Même si le récit de Shakespeare a plus de 400 ans, l’oeuvre qui sera chantée à Québec est très récente. Le compositeur, Thomas Adès, l’a lancée à Londres en 2004.


Une situation bien appréciable pour Lepage. « D’habitude, je ne peux pas appeler le compositeur sur son cellulaire si j’ai des questions », a-t-il lancé à la blague.


L’un des décors présentés hier représente l’opéra de La Scala tel que vu de la scène. Le spectateur se retrouve étrangement à la place des artistes en l’observant.


Dans sa mise en scène, Robert Lepage, c’est non pas à partir d’une île, mais d’un théâtre que le personnage de Prospero use de magie pour se venger de ses ennemis.


Se disant « détendu » dans la préparation de ce concert, le metteur en scène a dit avoir l’impression « d’avoir quelque chose de très fort entre les mains ».


Le metteur en scène connaît bien cette histoire de Shakespeare qu’il a montée pas moins de sept fois dans sa carrière, au théâtre et à l’opéra.


Pas moins de 152 artistes doivent participer à ce spectacle, dont la moitié sur scène. C’est le baryton Rodney Gilfry qui interprète le rôle de Prospero et la soprano Audrey Luna qui joue Ariel, le génie de l'air.


Hier, le président du Festival Grégoire Legendre s’est réjoui d’avoir pu inclure de nombreux artistes d’ici dans la distribution. Le groupe compte notamment Daniel Taylor et le vétéran Joseph Rouleau qui a plus de 80 ans.


Toutefois, la plupart de ces artistes ne suivront pas le spectacle à New York.


Parmi les chanteurs, seuls la soprano Audrey Luna (Ariel) et la basse Kevin Burdette (Stefano) en seront.


Le Festival d’opéra de Québec en est à sa deuxième année d’existence. L’an dernier, un autre spectacle de Robert Lepage y avait connu un franc succès, Le rossignol et autres fables.


La tempête sera présentée les 26, 28 et 30 juillet ainsi que le 1er août au Grand Théâtre. Selon le directeur du Festival, il reste toujours des billets mais ces derniers s’envolent beaucoup plus vite que l’an dernier.


Même si le Festival de l’an dernier a été considéré par un grand succès, les organisateurs ont reconnu hier qu’il avait engrangé un « petit déficit ».


Le maire de Québec, Régis Labeaume, tient beaucoup à ce que la ville soutienne financièrement cet événement. « On investit sur Robert [Lepage] et ça fonctionne ; et ce n’est pas terminé », a-t-il dit.

 
 
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