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Canailles au Festival d’été de Québec - Joyeux lendemain de veille

13 juillet 2012 | Philippe Papineau | Musique

Pour un festival, il y a un risque à programmer des groupes de bons vivants à des heures relativement matinales. Quand on a vu que les joyeux drilles de Canailles était à l'horaire du Festival d'été de Québec à midi, on a échappé une espèce de «ha ouain?», mélange de curiosité et de doute.


Pile à l'heure et sous un soleil de plomb, les huit membres de la formation folk-bluegrass sont montés sur la scène de la place D'Youville avec un grand sourire au visage, alors que la foule arrivait tranquillement mais sûrement sur le site. C'est le chanteur et mandoliniste Erik Evans qui a pris la parole le premier. «Est-ce qu'il y en a comme nous qui se sont couchés à quatre heures du matin après le show de Québec Redneck Bluegrass Project?», qui avait lieu la veille. Et encore: «Midi, c'est comme minuit, je vous suggère fortement de vous mettre en boisson.» Ha ouain? (de doute uniquement cette fois).


Mais Canailles a les nerfs et le foie solides, et même alors que le soleil était à son plus haut, ils ont joué avec leur intensité des grandes nuits. Pendant près d'une heure et quart, ils ont fait résonner accordéon, guitares, mandoline, contrebasse, batterie et planche à laver avec un plaisir évident et contagieux.


Faut dire que les huit amis jouent bien, mais surtout s'amusent, entre eux et avec le public. Ça se lance des pointes d'un bord à l'autre de la scène, ça lance des bières dans la foule. Après à peine trois titres, Erik Evans et la chanteuse Daphnée Brissette ont même sauté sur le pavé pour mener un set carré improvisé avec la centaine de curieux présents.


Canailles a livré ses pièces les plus douces en début de concert - dont la très belle Muraille de Chine - pour finir avec son répertoire plus enlevant, Manger du bois, Bécik, et une nouvelle pièce au titre qui nous est inconnu, mais que le groupe a étirée pendant une bonne dizaine de minutes à travers tous les tempos possibles. Après le doute, un constat, donc: Canailles a les gueules de bois plutôt joyeuses.

 
 
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