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Festival d'été de Québec: Leloup, la belle affaire

9 juillet 2012 09h07 | Isabelle Porter | Musique
Jean Leloup
Sur les Plaines d'Abraham
Jean Leloup n'a pas fait la fine bouche hier soir et a donné au public des Plaines, à Québec, le spectacle qu'ils voulaient. De Isabelle à La vallée des réputations, il a aligné ses classiques avec férocité.

Le chanteur a attaqué le concert en lion. Isabelle, Nathalie, Cookie... Les tubes se sont succédés à un rythme pétaradant. Pas de pause entre les chansons, on avait à peine le temps de réaliser ce qui nous arrivait qu'on était déjà rendus à la pièce suivante. «Ainsi, va la vie qui va, ainsi va la vie qui stoppe.»

Coiffé d'un chic chapeau noir, Jean Leloup s'est pointé sur scène à l'heure prévue. Une foule imposante et dense l'attendait, sans doute la plus grosse du Festival cette année pour un artiste francophone.

Puis le spectacle a finalement ralenti quand il a lancé Faire des enfants et c'est vraiment là que la machine a démarré. On l'a vu alors se déchaîner sur sa guitare et prendre un malin plaisir à la chose. Pour le Paradis perdu aussi, il a pris son temps et chanté comme on raconte une histoire, un beau moment du concert.

Sauf erreur, son dernier concert sur les Plaines remontait à plus de dix ans. C'était en 2001, la fameuse année où il y avait plu sans arrêt pendant tout le Festival. Entre lui et le public, les retrouvailles furent fort belles. Sur twitter hier soir, des spectateurs disaient s’être «réconciliés»« avec lui car beaucoup avaient été insultés par son concert controversé de 2008 au Colisée.

Avare de commentaires, Leloup a souri à la vue d'un fan qui s'était déguisé en loup juste pour lui. Toujours aussi versé dans les propos énigmatiques, il a laissé tomber pendant Nathalie : «Jeune indien faites attention si tu pars avec ta guitare sur le dos...». D'autres conseils au «jeune indien» ont suivi. À 51 ans, Leloup a quand même une sagesse à transmettre.

L'alignement des chansons était bien choisi avec des belles transitions comme celle qui a précédé Sang d'encre, une pièce que la foule a accueilli avec une joie particulière. On se rappellera du Dôme quand tous les fumeurs ont sorti leurs briquets puis chanté avec lui le refrain. Ça faussait un brin sur scène mais le sentiment était là.

Autre bon moment, l'arrivée surprise de James di Salvio de Bran Van pour Johnny Go. Tout juste après, Leloup a laissé tomber un rare commentaire sur son... absence de commentaires. «On vous remercie beaucoup, vous avez l'air genre c'est l'été. Écoutez, mon discours est très limité je sais parfois, mais bon.»

À une autre époque, Jean Leloup avait pris l'habitude de se plaindre qu'on lui demande toujours d'interpréter ses tubes chouchou. Or hier, il semblait résolu à faire d'abord plaisir à ses fans. Le rappel notamment fut long et enthousiaste. Di Salvio est revenu. De part et d'autre, on ne voulait plus quitter.  

Il était de passage à Québec dans le cadre de la tournée «La nuit des confettis» qui lui fait parcourir différents festivals. Était-ce une moquerie quand il avait promis un «récital classique» quelques jours avant ? La formule n'était pas si mal choisie. Après tout, les chansons de Leloup sont vraiment devenues des classiques. Et peu d'artistes québécois en ont autant pondu d'aussi bons.

La vie est laide, Rock & roll et pauvreté, La vallée des réputations, Johnny Go, Le monde est à pleurer... La liste paraît interminable et 22 ans après la sortie de L'amour est sans pitié, son style est toujours aussi distinctif.

Misteur Valaire à leur place sur les Plaines

Avant lui, le groupe Misteur Valaire avait présenté un spectacle impeccable devant une foule qui semblait s'être déplacée pour eux aussi. Supportés par une belle sélection de projections et une escouade de danseuses, les gars ont mis toute la gomme et paraissaient vraiment à leur place sur le site des Plaines.

À la fin, l'un des gars s'est même permis une petite séance de body surfing... en jouant de la trompette. On les as vu ensuite étreindre des gens dans le public tandis que retentissait I will always love you de Whitney Houston. Ça c'est de l'amour.

 
 
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