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FIJM - Ambrose, et autres choses bleutées

9 juillet 2012 | Guillaume Bourgault-Côté | Musique
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	Melody Gardot</div>
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
Melody Gardot
Franchement ? À l’intérieur ou en extérieur, le FIJM 2012 n’a pas été le meilleur cru artistique des dernières années. Loin de là. Mais dans le jazz comme pour le vin, même les années creuses ont leurs qualités et saveurs. Gustavsen, Gardot, Carter, Get The Blessing, notamment. Mais surtout Ambrose Akinmusire, qui mérite le champagne de la révélation.

Moment premier rendez-vous qui fait mouche : Ambrose Akinmusire. Le jeune trompettiste américain a épaté la salle bien comble du Gesù pour sa première montréalaise. Du gros jazz, du bon jazz, un jeu qui a de l’ampleur, de la vision, et beaucoup d’avenir.


Moment d’écoute religieuse au « goût concret du mémorable », comme disait Miron : Tord Gustavsen avec Hakon Kornstad. Deuxième des quatre concerts du pianiste norvégien. Kornstad bidouille un fond sonore avec son sax et ses machines électros. Gustavsen accompagne parcimonieusement. Et surprise, la voix de Kornstad - aussi chanteur ténor, on l’ignorait - qui s’élève… Quelque chose de grégorien dans l’air. L’ovation suivra, sincère.


Moment d’élégance classique : Ron Carter. Le vénérable contrebassiste n’a décoiffé personne au Club Soda lundi dernier. Mais il a rappelé tout un pan de l’histoire du jazz, en douceur et avec goût.


Moment bavard : Stanley Clarke et son groupe, dimanche dernier. Pétarade de notes, solos enflammés, virtuosité à l’avant-plan. Mais c’est un peu comme parler beaucoup pour dire au final peu de chose.


Moment exalté : certains fans de Stanley Clarke. Derrière nous, ça hurlait à chaque solo. Devant, ça s’éjectait bras en l’air pour les mêmes interventions. « Yahou !!! Yeah !!! Stanley C. !!! ».


Moment « on prend la rue » : les jeunes de la pièce rom Grubb, quelques minutes après la dernière au TNM. Tous dans la rue devant le théâtre, entouré de centaines de spectateurs frappant des mains et dansant sur les rythmes balkaniques propulsés ad lib dans l’été montréalais.


Moment consécration : Melody Gardot. Impériale, en parfait contrôle de la foule et de sa prestation, la chanteuse au vibrato unique a confirmé que TNM ou Wilfrid-Pelletier, même combat.


Moment piano : Aaron Parks et Joey Calderazzo, en duo au Gesù. N’avaient jamais joué ensemble, jamais répété. Et tout coulait, naturellement, sans empiétements, avec nuance et éloquence.


Moment minimal : Norah Jones, efficace mais clairement sur le pilote automatique samedi à Wilfrid-Pelletier.


Moment blues : James Carter au Club Soda. Du jazz plongé dans le blues, ou l’inverse.


Moment Strauss-Kahn : Adam Cohen. Belle voix, chansons pas mal. Mais faut-il vraiment jouer la carte de la séduction lourde à chaque micro ?

 
 
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