Festival d'été de Québec - Underground: plus qu’un film
Les fans du cinéaste Emir Kusturica connaissent ce groupe sans le savoir, puisque c’est lui qu’on entend dans sa bande sonore de film la plus connue. Impossible d’obtenir une entrevue avec l’un des huit membres du groupe : ils ne parlent ni français ni anglais. C’est donc Arnaud Cordier, de l’équipe de programmation, qui répond à nos questions.
Leurs spectacles sont tout à fait dans l’esprit du film de Kusturica, dit-il. « C’est une formation à base de cuivres ; c’est super entraînant et dansant et en général les mecs ont le sourire ! »
C’est grâce au cinéma et au compositeur Goran Bregovic que ce répertoire s’est fait connaître de notre côté de l’Atlantique. « Bregovic est l’instigateur de tout ça. Dans ses trames sonores, il est toujours allé chercher des groupes de musique locaux. C’est une culture qui était connue en Europe depuis longtemps, mais sans lui il n’y aurait pas autant de groupes qui seraient sortis de là. En France, ils s’y intéressaient déjà beaucoup. Les Tryo de ce monde s’inspirent beaucoup du genre, alors qu’ici, c’est vraiment associé à la culture cinématographique. »
Rien à voir toutefois avec le groupe qu’a créé depuis le cinéaste Kusturica - le No Smoking Orkestar -, qu’on a vu en 2010 au FEQ et ces derniers jours à Montréal. « Chez Kusturica, c’est plus punk dans l’attitude. Ici, on va plutôt chercher la tradition », explique encore Cordier. En ce sens, le Slobodan Salijevic Orkestar se rapproche d’autres groupes déjà passés au Festival, comme Taraf de Haïdouks ou Bratsch. « C’est une fanfare à part entière, hyper festive. Les racines sont les mêmes que celles de No Smoking, mais le rendu est différent. »
Et depuis Underground, qu’est-ce qui s’est passé dans la vie du groupe ? Des mariages. Et beaucoup, beaucoup, beaucoup de festivals. « Le film leur a donné une visibilité incroyable. Il y a des festivals de musiques du monde partout. Ces groupes-là sont criblés de dates. »
Leur succès sur la scène des « musiques du monde » se compare d’ailleurs à celui des bands de musique traditionnelle québécoise invités partout, remarque-t-il. À voir dimanche à 21 h 30 et lundi à 18 h sur la place d’Youville.
Riche en soul et en funk
Arnaud Cordier a travaillé à ériger une partie de la programmation « en dessous des Plaines », comme il dit, et il connaît bien le volet musiques du monde. Cette année, l’offre est assez riche en musique funk et soul, avec des groupes comme Soul Rebels, Tower of Power, Big Sam’s Funky Nation, Irreverend James The Critical Mass Choir, Charles Bradley and His Extraordinaires, Galactic et Bettye LaVette. Cordier attire l’attention sur la formation américaine Orgone et sa « chanteuse à la voix incroyable ».
Dans le registre des curiosités, il cite aussi la prestation d’Osaka Monaurail, un groupe de funk japonais dont on vous parlera plus longuement lundi. Enfin, dans le créneau des musiques latines, il recommande le groupe belge La Chiva Gantiva et sa mosaïque de nationalités (Colombie, Belgique, France, Asie), qui « fait quelque chose d’hyperexplosif ». Dans le bon sens du terme, bien sûr.








