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Les papis béninois du Cotonou Club

3 juillet 2012 | Yves Bernard | Musique
L’Orchestre Poly-Rythmo roule sa bosse depuis les années 1970.
Photo : Festival international de jazz de Montréal L’Orchestre Poly-Rythmo roule sa bosse depuis les années 1970.

Au Club Soda,
mercredi 4 juillet à 22 h

Renseignements : 514 871-1881, 1 85jazzfest

Le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo, groupe phare de Cotonou, rappelle les légendes africaines au même titre que le Bembeya Jazz, l’Orchestre Baobab ou le Rail Band. Au compteur : plus de 42 ans de choses pas toujours tranquilles, 500 titres, des tranches de vie avec Fela, Makeba ou Dibango, et une formidable faculté de résilience, de l’ambiance des jeunes années de l’indépendance béninoise jusqu’au retour après les années sombres. Les voici pour la première fois à Montréal demain soir au Club Soda.

Appelons-les le « T.P. » ou mieux encore, le Poly-Rythmo tout court. Leur musique est un formidable amalgame de guitare funk, de cuivres afrofunk, de vieux clavier rétro, de polyphonies complexes et de cris de joie dans les chants à répondre. Tout pour plaire aux amateurs de vieux vinyles avec ce quelque chose du méchant groove sale et croche, mais pas toujours, qui lorgne l’afrobeat, même ralenti ou sautillant, et qui évoque parfois le highlife et la vielle rumba congolaise, en rappel de l’époque ou du voisinage. Tout cela se retrouve sur Cotonou Club, le disque paru en 2009 après un quart de siècle d’absence en studio, grâce au flair de la journaliste française Élodie Maillot.


Mais il y a aussi cette forte influence du vaudou. Cela, Angélique Kidjo l’a souvent expliqué. Ici, les membres du Poly-Rythmo en rajoutent par courriel : « On ne peut comprendre le Bénin sans comprendre le vaudou. C’est plus fort qu’une simple religion, tout le monde s’y soumet, et cela, depuis des milliers d’années. Nous sommes nés dans le vaudou et, à un moment donné dans notre carrière, nous avons essayé d’être les porte-parole de notre culture vaudou qui est assiégée par le christianisme ».


Ils ont créé une musique de danse qui intègre le sato : « C’est une danse rituelle qui se joue quand les hautes personnalités de la société meurent et qui est symbolisée par un grand tam-tam haut de deux mètres au moins. » Mais, en dépit des intentions spirituelles, ils ont dû s’adapter à la révolution et au « marxisme-béninisme » qui a fait suite à l’enthousiasme provoqué par l’indépendance dans les années 1960. « Nous avons alors suivi les orientations de notre pays, plus par patriotisme que par engagement politique », précisent-ils.


Dans les années 1970, le groupe parvenait à jouer beaucoup et avait atteint une renommée certaine dans plusieurs pays africains, avant de se faire plus effacé jusqu’en 2009, date de leur première sortie du continent. Mais le groupe ne s’est jamais dissous : « Nous n’avons jamais vraiment cessé d’exister même si nous avons arrêté de jouer. » Et à la question de savoir si la musique du groupe était alors demeurée intacte à leur retour, on nous offre pour toute réponse, un seul mot fort bien accentué : « OUI !!»


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