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Un carré rouge nommé Rufus

29 juin 2012 00h04 | Sylvain Cormier | Musique
Ce n’était pas la première fois qu’André Ménard essayait d’obtenir Rufus Wainwright pour son FIJM, apprenait-on hier midi. « Pas question de gravir les échelons », a-t-il badiné: le « big stage » ou rien. Pour SON événement d’ouverture et SA place des Festivals, l’enfant chéri a promis mer et monde. Et il a tenu promesse.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Ce n’était pas la première fois qu’André Ménard essayait d’obtenir Rufus Wainwright pour son FIJM, apprenait-on hier midi. « Pas question de gravir les échelons », a-t-il badiné: le « big stage » ou rien. Pour SON événement d’ouverture et SA place des Festivals, l’enfant chéri a promis mer et monde. Et il a tenu promesse.
À un moment du spectacle d’hier soir, Rufus Wainwright s’est exclamé: «I’m giving you everything tonight, Montreal!» Et c’était vrai.

Oui, il a tout donné, à commencer par lui-même, tout de rouge attiffé. Pantalon de velours rouge, souliers rouges, et pull rouge. Magnifique. Un pull de fille, j’en jurerais, le haut pudiquement couvert de paillettes, le bas quasi transparent, révélant l’estomac (c’est lui qui l’a dit). Hommage à feu Guilda, reine des nuits de Montréal? Non! Défi à Liza! Oui, la Minnelli, qui sera au FIJM le 5 juillet. C’est bel et bien la fille de Judy Garland que notre Rufus a mis en demeure d’oser un chandail plus spectaculaire: «Game on, Liza, game on!»


Rouge comme dans carré rouge, faut-il ajouter. «Merci à tous les manifestants pour vos actes, et pour rien faire ce soir...», a lancé Rufus à mi-parcours, soulignant que la couleur du costume n’était pas fortuite: «Je suis un grand carré rouge!»


Tout donner, c’était aussi partager la scène. La famille McGarrigle-Lanken a été appelée rapidement en renfort, tantes Jane et Anna, soeurette Martha, oncle, cousin, cousine. Et toute la smala a chanté Entre Lajeunesse et la sagesse et Rufus rayonnait. «They’ll be back!», a-t-il promis, et c’était vrai aussi, le temps de La complainte pour Ste-Catherine, avec la Catherine à l’autre bout de la place des Festivals qui valsait de plaisir.


Tout donner? C’était plus encore. C’était tout le nouvel album et d’abord Candles, donnée a cappella, avec les deux choristes, dans le noir, presque chant religieux. C’était One Man Guy, une chanson de papa Loudon Wainwright III, jouée très folksong avec le guitariste Teddy Thompson (fils de Richard) et la choriste Charisse Goodwin.


Tout donner? C’était un morceau jazz pour l’événement d’ouverture du FIJM: divine lecture pour voix et trio d’une belle du répertoire de Judy Garland, The Man That Got Away. Liza Minnelli, deux fois défiée, lui dira-t-on?


Tout donner? C’était l’inattendu, les cadeaux: Excursion à Venise, chanson d’Anna McGarrigle, que Rufus interprétait pour la toute première fois. C’était la plus belle version jamais entendue de Je reviendrai à Montréal, en duo arrache-coeur avec Martha. C’était Montauk dédiée par Rufus à sa fille Viva Katherine Wainwright Cohen. Et... Hallelujah, hymne à la beauté du monde du grand-papa de Viva Katherine, un Montréalais nommé Leonard. Oui, même lui est dans la famille que Rufus célébrait hier: la sienne, la nôtre.

 
 
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