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Plume Latraverse - Satisfaction pour toutes sortes de monde

15 juin 2012 00h02 | Sylvain Cormier | Musique
Plume Latraverse, faciès en action
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Plume Latraverse, faciès en action
C’était, grosso modo, à quelques titres retranchés, le show du Métropolis en 2010: à savoir, un beau gros party rock’n’blues basé sur l’album All Dressed de 1978, avec quelques hymnes nationaux du canon plumien pour étancher la soif. Autrement dit, pas un show de grands succès en fonction de la foule gigantesque forcément au rendez-vous place des Festivals en ce jeudi soir: à chacun d’y trouver son compte, c’est ça qui était ça.

Pour vous dire, Plume Latraverse et ses Mauvais Compagnons ont démarré ça par un monstrueux medley d’une demi-heure en l’honneur dudit album, agressive courtepointe de riffs et de refrains qui rapiécait Moi, j’aime pas ça travailler, Nous autres, on s’en fout, Vie d’ange, Mauvaise herbe (bleue), Ça bluffe, Fucké-fucké, Mognon donc! et autres Gaspoésie.
 
C’est tout juste si, à la fin du pot-pourri, presque en guise de récompense, le cher onc’Plu-plu s’est fendu d’un doublé Chien fou/Le roi d’la marchette. Un one-two punch reçu dans l’allégresse par la «gang de ciboires» jusqu’à la Catherine, vous pensez bien.
Cela précisé, précisons derechef: ça y allait rôti-toasté  des deux bords, Mauvais Compagnons parlant. Ce show-là, Plume et les siens le roulent depuis deux ans: il a été baptisé au Métropolis lors des mêmes Francos, deux soirs dans le tapis en juin 2010. Ça s’entendait. Ça roulait franc et rentre-dedans, synchro pas à peu près dans la frappe de groupe. 
 
On a quand même soufflé un peu — et Plume aussi, qui a profité d’un solo à huit mains de l’as guitariste Jean-Claude Marsan pour s’éponger et retirer le veston — quand le medley a fait place à des chansons complètes: Lit vert, irrésistible chanson du temps des fêtes joyeusement hors-saison, puis La ballade des caisses de 24 et Assis ent’ deux chaises, des semi-classiques pour la foule, morceaux de choix pour les plumophiles distingués.
 
Suivait une indéniable immortelle, dûment entonnée par la multitude: Ma porte de shed, de l’album avec Cassonade de 1975, essentiel Pommes de route. Chez Dieu remontait encore plus loin, au temps de la Sainte-Trinité. 
 
Assez d’histoire, a décrété Plume, grimaces en sus. «Silence dans la classe!», a semoncé le grand gusse, dans une de ses rares interventions. La place s’est calmée un instant. «Je serais bon pour être premier ministre...»
 
Finalement, c’était le temps des imparables: de la poignante Pleine lune au Rock’n’roll du grand flanc mou à Bobépine (assaisonnée de Barbara Ann, Be Bop A-Lula et Don’t Be Cruel), une mer de bras en joie s’est levée.
 
Le rappel n’était pas pour autant une suite glorieuse: oui, il y avait Rideau, mais aussi Les avaleurs d’asphalte. Et même pas Jonquière. Intraitable Plume! Savez quoi? C’est comme ça qu’on l’aime.
 
 
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