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Philippe B et Cœur de pirate: le drôle de parallèle

13 juin 2012 08h08 | Philippe Papineau | Musique

Ce papier devait être un papier sur le concert de Cœur de pirate, hier au Métropolis. Ce l’est, mais pas que. Pas que parce qu’il y a des soirées qui se passent quasiment à rebours, où les liens imprévus nous sautent aux yeux.



En fait, c’est à 19h et des poussières, au Club Soda, que l’histoire commence, alors que Philippe B reprenait avec le Quatuor Molinari l’intégrale de son dernier disque Variations fantômes (et même davantage). On l’avait vu cet hiver au Conservatoire de musique de Montréal livrer avec une grande beauté ce concert, et les FrancoFolies ont eu la belle idée de lui offrir un rappel.
 

Au vif de son spectacle, Philippe B a lancé une phrase en apparence anodine, expliquant que les moments les plus fragilisants de ce concert étaient ceux où il devait chanter sans sa guitare, sans sa protection en quelque sorte, et laisser le Quatuor Molinari, les choristes et les accompagnateurs faire le reste.
 

Avancée rapide dans le temps, 3 heures plus tard au Métropolis. Il y a bien 30 minutes que Cœur de pirate est sur scène, bedaine bien en évidence, même qu’elle y a accroché son carré rouge. Et ça fait bien 30 minutes qu’on cherche ce qu’on pourrait bien vous écrire sur son spectacle. Les chansons, balades et valses, défilent : Verseau, La vie est ailleurs, Ava, Fondu au noir, Saint-Laurent. C’est bien fait, bien enfilé, mais, mais, mais, quel est ce détail que l'on voit mais qu'on ne parvient pas à trouver.
 

Et puis là, illumination. À peine remis de l’intégrale de Monsieur B, voilà qu’est apparu sans crier gare... le Quatuor Molinari. Ziiiip, zap, les neurones surchauffent et tout s’éclaire : la peur. En fait la peur (surmontée) de Philippe B et l’absence de peur de Cœur de pirate.
 

Pendant le concert, la jeune femme s’est tenue debout devant la scène pendant presque la moitié des chansons, loin de son piano-bouclier. Debout avec une assurance qu’on ne lui avait jamais vu, et on l’a vu souvent et depuis longtemps. Debout avec le sourire, tapant des mains pendant Printemps. Debout une main sur le pied de micro, l’autre dans les airs, accompagnée par ses musiciens, rodés au quart de tour. Debout, les deux mains sur le micro, en reprenant Les sentiments humains, de Pierre Lapointe, avant de nous abandonner avec la bien titrée Adieu. Et là, c’est la foule qui était debout.
 
***

En première partie de Cœur de pirate, David Giguère a profité d’un Métropolis relativement plein pour proposer quelques chansons de son cru. Si la sonorisation n’était pas adéquate – on n’entendait pas vraiment son guitariste et la voix était saturée –, Giguère a tout de même obtenu les faveurs de la foule. Lui qui sait faire éclater les sons a plutôt opté pour plusieurs balades, mais son charisme a compensé pour ce choix qui aurait pu être dangereux. Belle idée de sa part d’inviter le rappeur Eman, d’Alaclair ensemble, mais encore un fois la sono n’a pas permis de bien le mettre en valeur. À revoir dans une salle près de chez vous.

-- Coeur de pirate sera de retour sur scène vendredi au Métropolis avec Jali en première partie.
 

 
 
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