Philippe B et le Quatuor Molinari - Philippe B, qualité A
Que Philippe B s’associe au Quatuor Molinari pour adapter et réinterpréter son plus récent disque, inspiré de la musique classique, c’était déjà en soi un beau cadeau offert aux amateurs du chanteur. Mais hier soir, dans la jolie salle du Conservatoire de musique de Montréal, la foule a vite compris en voyant les installations sur la scène que le cadeau serait plus gros que prévu.
Pour cette intégrale des Variations fantômes de Philippe B (bonifiée de quelques vieux titres), ils étaient en fait treize avec lui: les quatre cordes, donc, mais aussi de la harpe, de la flûte, du trombone, du hautbois, des percussions, de la contrebasse et de la guitare. Sans oublier deux chanteuses, qui ont rôdé à travers la vingtaine de pièces de la soirée.
Et le résultat était réellement envoûtant. Parce que le concert n’a visiblement pas été préparé paresseusement. Philippe B aurait bien pu plaquer le Quatuor là où son disque propose des échantillons de cordes, avec une fioriture ici et là. Hier, sauf exception, on sentait que des choix avaient été faits, que le chanteur et les arrangeurs avaient cherché à trouver la meilleure façon d’intégrer l’orchestre dans les morceaux.
Par exemple, Philippe B a souvent délaissé sa guitare, sur L’Été entre autres, pour laisser l’orchestre porter la rythmique de la chanson. Et dans ce cas précis, transporter le morceau encore plus dans dans L’Été de Vivaldi, son inspiration initiale. Sur Nocturne #632, on n’a pas cherché à imiter le piano, et on a créé de nouvelles sections instrumentales entre les couplets, créant l’impression d’un titre en plusieurs mouvements.
Les musiciens ont aussi su se faire discrets quand la musique le demandait, évitant le piège de beurrer de bord en bord à satiété juste parce que l’occasion le permet. Sur la déchirante Petite leçon de ténèbres, par exemple, Philippe B n’était qu’accompagné de la contrebasse de son comparse Philippe Brault, et des fantomatiques voix des deux chanteuses, venues interpréter l’échantillon de François Couperin utilisé dans la version CD. Un grand frisson a traversé la salle.
Mais bon, tant qu’à avoir sous la main le Quatuor Molinari, Philippe B a fait un exercice qu’on pourrait qualifier d’«éducation musicale» bien apprécié. Il a laissé jouer aux quatre cordes La Jeune fille et la mort, premier mouvement du Quatuor à cordes no 14 de Schubert, avant d’interpréter California Girl, la pièce que Schubert lui avait inspirée. Un genre d’avant/après pas mal mieux réussi que dans les infopubs.
Philippe B, toujours un peu hésitant mais amusant dans ses propos d’entre pièces, avait préparé quelques transitions pour nous faire entrer ici et là entrer dans les coulisses de sa création. Certes, les habitués ont reconnu les mêmes blagues entourant Les Prisonniers du lac Dufault (une fable romantico-érotique de Noël) et Rose de cactus, mais ces quelques mots rendaient plus sympathique une soirée qui aurait pu être empesée.
D'ailleurs, les musiciens se sont bien amusés pendant la valse Marie, qui parle de danse. Six d’entre eux se sont avancés devant la scène, faisant en alternance des gestes saccadés, mimant de se jeter vers l’avant, ou se retournant abruptement, clin d’œil à la danse contemporaine. C’est pas parce qu’on joue du violon qu’on ne peut pas s’amuser, hein?
Les fantômes de Philippe B ont pris vie hier soir, et on jurerait même les avoir vus flotter aux dessus des musiciens – à moins que ce ne soient les éclairages qui nous ont dupés. En tout cas, on restera hanté par cette soirée magique de qualité «A».
Pour cette intégrale des Variations fantômes de Philippe B (bonifiée de quelques vieux titres), ils étaient en fait treize avec lui: les quatre cordes, donc, mais aussi de la harpe, de la flûte, du trombone, du hautbois, des percussions, de la contrebasse et de la guitare. Sans oublier deux chanteuses, qui ont rôdé à travers la vingtaine de pièces de la soirée.
Et le résultat était réellement envoûtant. Parce que le concert n’a visiblement pas été préparé paresseusement. Philippe B aurait bien pu plaquer le Quatuor là où son disque propose des échantillons de cordes, avec une fioriture ici et là. Hier, sauf exception, on sentait que des choix avaient été faits, que le chanteur et les arrangeurs avaient cherché à trouver la meilleure façon d’intégrer l’orchestre dans les morceaux.
Par exemple, Philippe B a souvent délaissé sa guitare, sur L’Été entre autres, pour laisser l’orchestre porter la rythmique de la chanson. Et dans ce cas précis, transporter le morceau encore plus dans dans L’Été de Vivaldi, son inspiration initiale. Sur Nocturne #632, on n’a pas cherché à imiter le piano, et on a créé de nouvelles sections instrumentales entre les couplets, créant l’impression d’un titre en plusieurs mouvements.
Les musiciens ont aussi su se faire discrets quand la musique le demandait, évitant le piège de beurrer de bord en bord à satiété juste parce que l’occasion le permet. Sur la déchirante Petite leçon de ténèbres, par exemple, Philippe B n’était qu’accompagné de la contrebasse de son comparse Philippe Brault, et des fantomatiques voix des deux chanteuses, venues interpréter l’échantillon de François Couperin utilisé dans la version CD. Un grand frisson a traversé la salle.
Mais bon, tant qu’à avoir sous la main le Quatuor Molinari, Philippe B a fait un exercice qu’on pourrait qualifier d’«éducation musicale» bien apprécié. Il a laissé jouer aux quatre cordes La Jeune fille et la mort, premier mouvement du Quatuor à cordes no 14 de Schubert, avant d’interpréter California Girl, la pièce que Schubert lui avait inspirée. Un genre d’avant/après pas mal mieux réussi que dans les infopubs.
Philippe B, toujours un peu hésitant mais amusant dans ses propos d’entre pièces, avait préparé quelques transitions pour nous faire entrer ici et là entrer dans les coulisses de sa création. Certes, les habitués ont reconnu les mêmes blagues entourant Les Prisonniers du lac Dufault (une fable romantico-érotique de Noël) et Rose de cactus, mais ces quelques mots rendaient plus sympathique une soirée qui aurait pu être empesée.
D'ailleurs, les musiciens se sont bien amusés pendant la valse Marie, qui parle de danse. Six d’entre eux se sont avancés devant la scène, faisant en alternance des gestes saccadés, mimant de se jeter vers l’avant, ou se retournant abruptement, clin d’œil à la danse contemporaine. C’est pas parce qu’on joue du violon qu’on ne peut pas s’amuser, hein?
Les fantômes de Philippe B ont pris vie hier soir, et on jurerait même les avoir vus flotter aux dessus des musiciens – à moins que ce ne soient les éclairages qui nous ont dupés. En tout cas, on restera hanté par cette soirée magique de qualité «A».








