Montréal en lumière - Bons, beaux, belges!
Il a fallu 12 ans pour bâtir la passerelle Montréal-Bruxelles et justifier un vrai volet chanson et musique belges à une programmation de festival québécois. Éclairages.
Ça fait un velours, c'est un habitué des Francos de Spa qui vous le dit. Tous ces projecteurs du festival Montréal en lumière braqués 11 jours durant — à partir de ce soir, et jusqu'au 26 février — sur le pays pas du tout plat de Wallonie-Bruxelles, sa bouffe, ses chanteurs, ses musiques en tous genres, je ne suis pas le seul à vivre ça comme une victoire. N'est-ce pas Charles Gardier, copatron de la fête spadoise? «Je pense que ce programme est le résultat d'un gros paquet de bons génies et de bonnes fées qui se sont penchés sur le berceau de la présence de Belges au Québec.»
Tant de Belges à la fois, à la même enseigne! Des anciens et des modernes, des connus, des pas connus. Bien sûr, il y a Toots Thielemans le grandissime (l'harmonica du thème de Midnight Cowboy, c'est lui), mais pas seulement Toots. Et pas seulement l'obligatoire salut collectif à Brel en fin de festival. Il y a le tout neuf Jali et son folk acoustique, les gars de My Little Cheap Dictaphone et leurs échafaudages à la Brian Wilson, il y a la supervedette funk-pop Stromae (gros feu de joie prévu le 23 février au Métropolis), et le solide groupe country-rock liégeois Été 67, et ces inénarrables punks pour rire qui se font appeler The Experimental Tropic Blues Band. La pleine palette, quoi.
«L'idée, explique le programmateur en chef Laurent Saulnier, était d'enfoncer le clou sur certains groupes ou artistes: Stromae, MLCD, Été 67; de donner un coup de pouce à ceux qui ont des représentants québécois: MLCD, Experimental Tropic Blues Band; rendre hommage aux anciens: Brel, Toots, et ajouter une découverte (mais une vraie!): Jali!» Le clou dont parle Laurent, on tape dessus depuis 12 ans. Un «gros paquet» de Belges et de Québécois le martèlent, chacun son marteau. «Ça a commencé vraiment à l'initiative de Patrick Printz à Wallonie-Bruxelles Musiques, qui a permis le voyage à Spa pour pas mal de professionnels du milieu de la chanson au Québec, à commencer par Alain Chartrand de Coup de coeur francophone», rappelle Pat Van de Weghe, amie d'enfance de Gardier, Montréalaise d'adoption et véritable antenne locale des Belges avec son compagnon Charles Pirnay. «Nous, on a simplement pris le relais.» L'été dernier, le tandem a organisé à Spa les premières QuébécoFolies, showcase d'artistes d'ici, de plus en plus nombreux là-bas. Quand des Belges s'amènent au Québec, Charles et Pat sont bien souvent le comité d'accueil.
La pimpante Cynthia Bellemare aussi, qui a oeuvré à la SOPREF et qui est maintenant chargée de projets au Conseil des arts de Montréal. De sa première fois à Spa, elle est revenue avec un groupe en bagage: My Little Cheap Dictaphone. «Un groupe fascinant, que j'ai pris sous mon aile. Comme les bookers québécois en ont déjà plein les bras avec les artistes locaux, j'ai aussi donné des coups de main à Été 67 et à Green Mountain Fire au niveau de la tournée dans la Belle Province.» Essentielles, les tournées. Été 67 et MLCD vont profiter du passage à Montréal en lumière pour se faire voir et entendre ailleurs, de Sherbrooke à Saguenay. Pas de passerelle sans tête de pont.
Wallonie-Bruxelles Musiques a encore une fois tout facilité. Patrick Printz: «Nous avons le sentiment qu'il faut encourager la venue régulière d'artistes de manière à, si possible, leur faire rencontrer un public québécois de plus en plus nombreux. Ce qui ne veut en aucun cas dire que de nouveaux artistes ne puissent être mis en évidence.» Usufruit d'un travail à long terme, l'année belge de Montréal en lumière est en cela motif de réjouissance et sujet d'inquiétude: beau coup, mais ensuite? «Tout cela est encore très fragile, relativise Cynthia. La diffusion est le nerf de la guerre, et c'est encore assez difficile de trouver des dates au Québec même si ces artistes sont archiconnus chez eux.» Laurent Saulnier renchérit: «Bien sûr qu'il y a un effort commun de tous ces gens, mais en même temps, la vraie difficulté, c'est d'accrocher le grand public. Parce qu'en bout de ligne, c'est toujours lui qui décide, non? Et c'est aussi lui qui décide de la solidité des ponts, bien entendu!»
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Toute la programmation peut être consultée sur le site montrealenlumiere.com.
Tant de Belges à la fois, à la même enseigne! Des anciens et des modernes, des connus, des pas connus. Bien sûr, il y a Toots Thielemans le grandissime (l'harmonica du thème de Midnight Cowboy, c'est lui), mais pas seulement Toots. Et pas seulement l'obligatoire salut collectif à Brel en fin de festival. Il y a le tout neuf Jali et son folk acoustique, les gars de My Little Cheap Dictaphone et leurs échafaudages à la Brian Wilson, il y a la supervedette funk-pop Stromae (gros feu de joie prévu le 23 février au Métropolis), et le solide groupe country-rock liégeois Été 67, et ces inénarrables punks pour rire qui se font appeler The Experimental Tropic Blues Band. La pleine palette, quoi.
«L'idée, explique le programmateur en chef Laurent Saulnier, était d'enfoncer le clou sur certains groupes ou artistes: Stromae, MLCD, Été 67; de donner un coup de pouce à ceux qui ont des représentants québécois: MLCD, Experimental Tropic Blues Band; rendre hommage aux anciens: Brel, Toots, et ajouter une découverte (mais une vraie!): Jali!» Le clou dont parle Laurent, on tape dessus depuis 12 ans. Un «gros paquet» de Belges et de Québécois le martèlent, chacun son marteau. «Ça a commencé vraiment à l'initiative de Patrick Printz à Wallonie-Bruxelles Musiques, qui a permis le voyage à Spa pour pas mal de professionnels du milieu de la chanson au Québec, à commencer par Alain Chartrand de Coup de coeur francophone», rappelle Pat Van de Weghe, amie d'enfance de Gardier, Montréalaise d'adoption et véritable antenne locale des Belges avec son compagnon Charles Pirnay. «Nous, on a simplement pris le relais.» L'été dernier, le tandem a organisé à Spa les premières QuébécoFolies, showcase d'artistes d'ici, de plus en plus nombreux là-bas. Quand des Belges s'amènent au Québec, Charles et Pat sont bien souvent le comité d'accueil.
La pimpante Cynthia Bellemare aussi, qui a oeuvré à la SOPREF et qui est maintenant chargée de projets au Conseil des arts de Montréal. De sa première fois à Spa, elle est revenue avec un groupe en bagage: My Little Cheap Dictaphone. «Un groupe fascinant, que j'ai pris sous mon aile. Comme les bookers québécois en ont déjà plein les bras avec les artistes locaux, j'ai aussi donné des coups de main à Été 67 et à Green Mountain Fire au niveau de la tournée dans la Belle Province.» Essentielles, les tournées. Été 67 et MLCD vont profiter du passage à Montréal en lumière pour se faire voir et entendre ailleurs, de Sherbrooke à Saguenay. Pas de passerelle sans tête de pont.
Wallonie-Bruxelles Musiques a encore une fois tout facilité. Patrick Printz: «Nous avons le sentiment qu'il faut encourager la venue régulière d'artistes de manière à, si possible, leur faire rencontrer un public québécois de plus en plus nombreux. Ce qui ne veut en aucun cas dire que de nouveaux artistes ne puissent être mis en évidence.» Usufruit d'un travail à long terme, l'année belge de Montréal en lumière est en cela motif de réjouissance et sujet d'inquiétude: beau coup, mais ensuite? «Tout cela est encore très fragile, relativise Cynthia. La diffusion est le nerf de la guerre, et c'est encore assez difficile de trouver des dates au Québec même si ces artistes sont archiconnus chez eux.» Laurent Saulnier renchérit: «Bien sûr qu'il y a un effort commun de tous ces gens, mais en même temps, la vraie difficulté, c'est d'accrocher le grand public. Parce qu'en bout de ligne, c'est toujours lui qui décide, non? Et c'est aussi lui qui décide de la solidité des ponts, bien entendu!»
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Toute la programmation peut être consultée sur le site montrealenlumiere.com.










