Concerts classiques - Apprivoiser un nouvel ami
À retenir
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RÉCITAL STÉPHANE TÉTREAULT
Stravinski: Suite italienne. Chostakovitch: Sonate pour violoncelle et piano, op. 40. Franck: Sonate pour violoncelle et piano (transcription de la Sonate pour violon par Jules Delsart). Stéphane Tétreault (violoncelle), Sasha Guydukov (piano). Théâtre Outremont, samedi 4 février 2012.
Le récital, samedi, du violoncelliste Stéphane Tétreault, heureux bénéficiaire, à 18 ans, du prêt d'un légendaire Stradivarius de 1707 acquis par une mécène québécoise, était très attendu. Ce que les spectateurs, qui remplissaient le Théâtre Outremont comme un œuf, ne savaient pas, c'est que le jeune musicien n'était pas sûr de donner un récital sur son nouvel instrument. Il avait été tenté de lui préférer son vieux partenaire, sur lequel il joue depuis l'âge de 12 ans et avec lequel il a tous ses repères.
In extremis, le choix s'est porté sur le précieux instrument, non encore apprivoisé. Stéphane Tétreault a eu raison. Le public n'aurait pas compris, lui qui était aussi venu entendre le Stradivarius. Radio-Canada n'aurait pas compris non plus, qui a sacré Tétreault «révélation classique 2011-2012» et enregistrait ce concert-événement. Le journaliste musical du Devoir pas davantage, d'ail-leurs, car personne dans cette salle n'allait ergoter sur les fausses notes et cafouillages de la Suite italienne. Car en matière d'acclimatation entre un artiste et son instrument, autant aborder la chose de front maintenant. Ce n'est pas sur la scène de la Maison symphonique, en avril, dans le concerto de Dvorak avec l'Orchestre Métropolitain, que Stéphane Tétreault va pouvoir se permettre un exercice d'apprivoisement de son Stradivarius.
Il est vrai que la Suite italienne m'a fait peur. Mais il est tout aussi vrai que la suite du con-cert m'a donné de très beaux espoirs, car une complicité se forge déjà entre le musicien et son instrument. Elle doit se forger en scène, au «combat», car l'entraînement en chambre, ce n'est pas la même chose. Il fallait casser la glace dans Stravinski pour que des fleurs commencent à éclore dans le Largo de la sonate de Chostakovitch, puis dans la Sonate de Franck, le bouquet final nous arrivant dans deux rappels extasiés: la Méditation de Thaïs — que Tétreault avait eu la générosité de venir jouer dans la salle de rédaction du Devoir, il y a dix jours — et Le cygne de Saint-Saëns.
La soudaine notoriété de Stéphane Tétreault risque de lui valoir quelques vols de vautours autour de sa prometteuse personne. Les enjeux pour lui vont être à présent d'être bien entouré, et aussi, probablement, d'aller fignoler son apprentissage et sa maturation à l'étranger, Paris ou Londres, par exemple. Ainsi, des clés musicales, comme le fait que le tempo du premier volet de la Sonate de Franck est dicté par celui de son retour dans le cyclique mouvement conclusif, lui apparaîtront plus évidentes. C'est un chemin qu'en musique de chambre il ne fera probablement pas avec l'appliqué Sasha Guydoukov.
In extremis, le choix s'est porté sur le précieux instrument, non encore apprivoisé. Stéphane Tétreault a eu raison. Le public n'aurait pas compris, lui qui était aussi venu entendre le Stradivarius. Radio-Canada n'aurait pas compris non plus, qui a sacré Tétreault «révélation classique 2011-2012» et enregistrait ce concert-événement. Le journaliste musical du Devoir pas davantage, d'ail-leurs, car personne dans cette salle n'allait ergoter sur les fausses notes et cafouillages de la Suite italienne. Car en matière d'acclimatation entre un artiste et son instrument, autant aborder la chose de front maintenant. Ce n'est pas sur la scène de la Maison symphonique, en avril, dans le concerto de Dvorak avec l'Orchestre Métropolitain, que Stéphane Tétreault va pouvoir se permettre un exercice d'apprivoisement de son Stradivarius.
Il est vrai que la Suite italienne m'a fait peur. Mais il est tout aussi vrai que la suite du con-cert m'a donné de très beaux espoirs, car une complicité se forge déjà entre le musicien et son instrument. Elle doit se forger en scène, au «combat», car l'entraînement en chambre, ce n'est pas la même chose. Il fallait casser la glace dans Stravinski pour que des fleurs commencent à éclore dans le Largo de la sonate de Chostakovitch, puis dans la Sonate de Franck, le bouquet final nous arrivant dans deux rappels extasiés: la Méditation de Thaïs — que Tétreault avait eu la générosité de venir jouer dans la salle de rédaction du Devoir, il y a dix jours — et Le cygne de Saint-Saëns.
La soudaine notoriété de Stéphane Tétreault risque de lui valoir quelques vols de vautours autour de sa prometteuse personne. Les enjeux pour lui vont être à présent d'être bien entouré, et aussi, probablement, d'aller fignoler son apprentissage et sa maturation à l'étranger, Paris ou Londres, par exemple. Ainsi, des clés musicales, comme le fait que le tempo du premier volet de la Sonate de Franck est dicté par celui de son retour dans le cyclique mouvement conclusif, lui apparaîtront plus évidentes. C'est un chemin qu'en musique de chambre il ne fera probablement pas avec l'appliqué Sasha Guydoukov.
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