Concerts classiques - L'invité d'honneur
À retenir
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LES GRANDS CONCERTS
Wagner: Les Maîtres chanteurs, ouverture. Schumann: Concerto pour piano. Dvorak: Symphonie n° 7. Alain Lefèvre (piano), Orchestre symphonique de Montréal, James Conlon. Maison Symphonique de Montréal, mercredi 1er février 2012. Reprise ce soir.
Salle comble pour Alain Lefèvre et James Conlon: voici un concert qui aurait pu remplir un troisième soir sans encombres. James Conlon peut vraiment nous revenir chaque année comme un invité d'honneur. Car c'est un honneur que d'entendre ce chef faire de la musique. De la musique brute, dans sa vérité et son essence.
C'était le cas l'an passé dans la 5e Symphonie de Chostakovitch. Ce fut le cas hier soir, avec l'ouverture des Maîtres chanteurs de Wagner et la 7e symphonie de Dvorak. Un tout petit détail dit tout: un chef qui, dans cette symphonie, enchaîne attacca (sans pause) les 2e, 3e et 4e mouvements a sans doute compris l'effet de souffle qui imbrique ces mouvements. De ce fait, le premier soufflet, crescendo-decrescendo, du Finale coule de source, comme un appel d'air qui lance le mouvement, et non comme une grosse boursouflure brahmsienne.
James Conlon a une conception tout aussi juste des gradations (1er mouvement); du rôle des violoncelles dans l'incarnation de l'espressivo dvorakien; du tempo vraiment poco adagio du mouvement lent. De même, il remarque le que trio du Scherzo est poco meno mosso (un peu moins vite). Le crescendo de timbale qui lance la reprise du Scherzo est bien vu lui aussi. Et il est écrit dans la partition!
James Conlon, l'un des bannis de l'ère Dutoit, qui n'aimait guère les chefs qui pouvaient lui faire de l'ombre, fait décidément un beau retour à Montréal. Il y en a quelques autres comme lui qu'on aimerait revoir. Comme tout le monde s'arrache les jeunes baguettes, ces quinquagénaires et sexagénaires vont devenir accessibles si tant est que Kent Nagano fasse preuve de plus d'ouverture d'esprit que son devancier.
Alain Lefèvre a donc tiré cette fois le gros lot, lui qui fut peu gâté par l'OSM lors de partenariats précédents (Decker, Klee, Brock, voire Nagano lui-même dans le 4e Concerto d'André Mathieu...). Son Concerto de Schumann fut une divine surprise. Ce concerto, spirituellement massacré par 85 à 90% des interprètes, qui en font de la guimauve doucereuse, a trouvé hier soir une interprétation roborative, logique et saine. Le phrasé d'entrée, à ce tempo plutôt allant, s'impose d'évidence. Et pourtant on ne l'entend presque jamais (Panenka, Katchen, Freire, Shelley, sont quelques exceptions). De même, l'allegro après la cadence du 1er mouvement est juste et, surtout, le 2e volet est un vrai «andante gracieux». Les quelques fautes de frappe ne compte pas lorsque l'esprit est si juste.
C'était le cas l'an passé dans la 5e Symphonie de Chostakovitch. Ce fut le cas hier soir, avec l'ouverture des Maîtres chanteurs de Wagner et la 7e symphonie de Dvorak. Un tout petit détail dit tout: un chef qui, dans cette symphonie, enchaîne attacca (sans pause) les 2e, 3e et 4e mouvements a sans doute compris l'effet de souffle qui imbrique ces mouvements. De ce fait, le premier soufflet, crescendo-decrescendo, du Finale coule de source, comme un appel d'air qui lance le mouvement, et non comme une grosse boursouflure brahmsienne.
James Conlon a une conception tout aussi juste des gradations (1er mouvement); du rôle des violoncelles dans l'incarnation de l'espressivo dvorakien; du tempo vraiment poco adagio du mouvement lent. De même, il remarque le que trio du Scherzo est poco meno mosso (un peu moins vite). Le crescendo de timbale qui lance la reprise du Scherzo est bien vu lui aussi. Et il est écrit dans la partition!
James Conlon, l'un des bannis de l'ère Dutoit, qui n'aimait guère les chefs qui pouvaient lui faire de l'ombre, fait décidément un beau retour à Montréal. Il y en a quelques autres comme lui qu'on aimerait revoir. Comme tout le monde s'arrache les jeunes baguettes, ces quinquagénaires et sexagénaires vont devenir accessibles si tant est que Kent Nagano fasse preuve de plus d'ouverture d'esprit que son devancier.
Alain Lefèvre a donc tiré cette fois le gros lot, lui qui fut peu gâté par l'OSM lors de partenariats précédents (Decker, Klee, Brock, voire Nagano lui-même dans le 4e Concerto d'André Mathieu...). Son Concerto de Schumann fut une divine surprise. Ce concerto, spirituellement massacré par 85 à 90% des interprètes, qui en font de la guimauve doucereuse, a trouvé hier soir une interprétation roborative, logique et saine. Le phrasé d'entrée, à ce tempo plutôt allant, s'impose d'évidence. Et pourtant on ne l'entend presque jamais (Panenka, Katchen, Freire, Shelley, sont quelques exceptions). De même, l'allegro après la cadence du 1er mouvement est juste et, surtout, le 2e volet est un vrai «andante gracieux». Les quelques fautes de frappe ne compte pas lorsque l'esprit est si juste.
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