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Concerts classiques - Vampire en pire

Christophe Huss   27 janvier 2012  Musique

À retenir

    OPÉRA McGILL
    Don Giovanni, opéra de Mozart. Gordon Bintner (Don Giovanni), Geoffrey Penar (Leporello), Tracy Cantin (Donna Anna), Sara Ptak (Donna Elvira), Kevin Myers (Ottavio), Sarah Gilbert (Zerlina), David Tinervia (Masetto), Michael Gracco (Commandeur). Orchestre symphonique McGill, Gordon Gerrard. Mise en scène : Patrick Hansen. Décors : Vincent Lefèvre. Costumes : Ginette Grenier. Éclairages : Serge Filliatrault. Salle Pollack, jeudi 26 janvier. Reprise ce soir, demain et dimanche.
L'objet de curiosité de ce Don Giovanni monté par Opéra McGill était évidemment la prestation de Gordon Bintner, récent vainqueur du Concours OSM, dans le rôle-titre. On aurait bien aimé voir Philippe Sly en Leporello, mais ce dernier est désormais rendu à la Canadian Opera Company de Toronto. Il est possible que l'on croise un jour ce duo sur la scène de grandes maisons d'opéra dans le monde.


Mais l'impeccable Bintner ne fut pas la seule bonne surprise de la soirée. L'enseignement majeur est le haut niveau d'ensemble du vivier vocal de McGill. Je doute fort que l'Atelier de l'Opéra de Montréal (censé être à un niveau post-estudiantin supérieur) soit capable ces temps-ci de monter un Don Giovanni de même niveau. McGill compte au moins un nouveau phénomène vocal: Tracy Cantin. Le diamant est encore un peu brut mais j'imagine que même Birgit Nilsson et Edda Moser dans leur jeunesse en chantaient pas plus fort que cela! La fin de la formation de Cantin devra ajouter diverses strates dans le déluge de décibels et d'exaltation. Son 2e acte montrait la voie. Elle devra surtout polir le vrai talent (vocal plus que musical) du ténor Kevin Myers, qui tend à «donner de la voix» plutôt qu'à exprimer.

Les autres évoluent à des niveaux dans les normes estudiantines de bon à très bon, mais plus habituelles. Le fait qu'ils ne s'écroulent pas face à Bintner et Cantin est déjà une prouesse, notamment pour Geoffrey Penar, Leporello très sûr et très musicien.

Ce qu'on entend à l'orchestre est beaucoup plus douteux. Je ne sais pas ce que Gordon Gerrard, chef invité, a travaillé. Les accents assurément, les phrases peut-être, la cohésion et l'intonation certainement pas. Je n'ai jamais entendu un orchestre de McGill jouer si faux.

Quant à la mise en scène, on peut toujours compter sur Patrick Hansen pour trouver des idées à la noix. Dans sa mise en scène, Don Giovanni est un vampire. Il a d'ailleurs un alter ego féminin muet qui se ballade de temps en temps sur scène pour jouer la vamp de chevet. Leporello, lui, est un apprenti vampire qui ne mord que les poignets.

Quant aux accessoires, McGill a assurément vidé le stock de diodes électroluminescentes du Rona du coin lors du dernier boxing day. Il y a même des petites lumières dans les bouquets!
 
 
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