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Violoncelle - Un Stradivarius de plus de 6 millions émigre au Québec

Christophe Huss   24 janvier 2012  Musique
Un violoncelle Stradivarius semblable à celui de cette musicienne d'Halifax arrivera bientôt au Québec.<br />
Photo : La Presse canadienne (photo) Andrew Vaughan
Un violoncelle Stradivarius semblable à celui de cette musicienne d'Halifax arrivera bientôt au Québec.
Le Québécois Stéphane Tétreault, 18 ans, élève de Yuli Turovsky et grand protégé de Jacqueline Desmarais, épouse de Paul Desmarais père, de Power Corporation, jouera désormais avec un violoncelle de plus de six millions de dollars. Le violoncelle «Comtesse de Stanlein, ex-Paganini», fabriqué par Antonio Stradivarius en 1707, tombe entre les mains du jeune violoncelliste après avoir été acquis la semaine dernière, selon un communiqué, par une «mécène des arts de Montréal» auprès des luthiers Reuning & Son Violins de Boston.

Le montant exact de la transaction n'est pas connu. Interrogé par le New York Times, Christopher Reuning, le vendeur, a déclaré que l'instrument avait été adjugé «à une offre acceptable, supérieure au prix plancher, qui excédait légèrement 6 millions de dollars».

Il n'y a qu'une soixantaine de violoncelles Stradivarius dans le monde, dont vingt de ce format très prisé, dit de «forme B». Les ventes en sont très rares. De tels instruments n'arrivent d'ailleurs pas souvent en salle des ventes.

Aux enchères d'instruments Stradivarius, le record est détenu par un violon, le «Lady Blunt» de 1721, adjugé en juin 2011 pour 16 millions de dollars. Il avait été vendu 200 000 dollars quarante ans auparavant. L'alto «Gustav Mahler» détenu par une fondation suisse et prêté au Français Antoine Tamestit, qui sera en concert à Montréal le 12 février prochain, est estimé à près de 20 millions de dollars. Quant aux violoncelles, le record sera sans doute pulvérisé un jour par le Stradivarius «Duport», quand les héritiers de Mstislav Rostropovitch, son fameux propriétaire, qui s'en servit de 1974 à sa mort en 2007, le mettront en vente.

Le «Comtesse de Stanlein» avec lequel jouera désormais le jeune Stéphane Tétreault a été vendu par les héritiers de Bernhard Greenhouse, le violoncelliste du Beaux-Arts Trio, décédé en mai dernier. Ce dernier jouait de cet instrument depuis 1957.

L'instrument avait précédemment appartenu, entre 1839 et 1840, à Niccolo Paganini, puis, en 1854, au fameux luthier parisien Jean-Baptiste Vuillaume, qui le vendit au comte et à la comtesse de Stanlein. Greenhouse l'avait acheté en 1957 à un collectionneur allemand pour la somme de 90 000 deutschemarks, soit à peu près l'équivalent de 400 000 dollars d'aujourd'hui. Il avait fait restaurer l'instrument dans les années 1990.

Le violoncelliste Stéphane Tétreault a été élu Révélation classique Radio Canada en 2011. Il fut choisi personnellement par Michael Tilson Thomas comme le plus jeune membre de l'éphémère YouTube Orchestra en 2008. Il se produira avec l'Orchestre Métropolitain dans le concerto de Dvorak en avril prochain sous la direction de Julian Kuerti.
 
 
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  • François Desjardins - Abonné
    24 janvier 2012 08 h 46
    Le son?
    J'aurais aussi aimé vous lire sur la qualité du son de ces instruments.
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  •  
  • CitoyenA - Abonné
    24 janvier 2012 09 h 43
    Merci à mon beau-père décédé
    Mon beau-père était chauffeur d'autobus pour Provincial Transport, filiale de Power Corporation. Lors d'une restructuration qui a créé Voyageur Provincial, lui et d'autres chauffeurs ont perdu des centaines de jours de maladies qu'ils avaient accumulés et que Power Corporation ne leur a jamais payés.

    Ils ont donc contribué malgré eux à ce Stradivarius.

    Merci à mon beau-père et aux autres employés de Power Coproration pour ce beau cadeau à la société québécoise!
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  •  
  • Jeannot Duchesne - Abonné
    24 janvier 2012 11 h 44
    Remerciement bien approprié
    Remerciement bien approprié, le son du violoncelle nous faisait perdre de vue la triste réalité.

    Qui sait, ce Stradivarius ne devrait-il pas devenir un trésor national avec les milliards que Monsieur Rousseau a fait perdre à la Caisse de dépôt et de placements du Québec pour en suite rejoindre Power Corporation? Qu'ils sont bons et généreux les seigneurs de Sagard même si ce sont nos cennes qui en font des mécènes.
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  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 janvier 2012 13 h 14
    Émigre...
    Émigre, c'est partir d'un pas. On devrait dire qu'il immigre, non?
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  •  
  • Daniel Lemieux - Inscrit
    25 janvier 2012 00 h 25
    Henri-Paul qui ?
    @ Jeannot Duchesne : justement, on reparle ces jours-ci des milliards perdus en 2008 à la CDPQ...

    Je ne crois pas que les Desmarais laisseraient Monsieur Rousseau commettre de telles bourdes dans leurs affaires.

    Et l'argent public dans tout ça ? Bof...

    Chacun ses priorités, mais j'appuie l'idée que soit conventi en trésor national ce Stradivarius, à titre compensatoire.
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  •  
  • Raymon Lutz - Inscrit
    28 janvier 2012 09 h 57
    Le spectacle, encore
    Ah Ah, J'aime bien le lectorat du Devoir, encore plus que le journal lui-même. À tout le moins ceux qui commentent.

    Incisifs. Éclairés. Et coquins avec rime en fin de texte...

    J'ai visionné le clip du cello mis en ligne. Pff... quelle farce.

    Plus de 6 millions? Arts et spéculation: quelle infâme engeance . Personne au Devoir pour faire un devoir de philo-économie sur la notion de valeur? sur la notion de prix?

    Qui donc autour de ce jeune musicien exhibé en foire avec cet instrument ostentatoirement dispendieux serait capable de distinguer le son d'un instrument antique de celui d'un contemporain? Aucun, ni même les experts:

    http://follandviolins.com/articles/old-v-new/

    Sombre époque où le pouvoir (et l'argent, la cupidité, l'individualisme) priment sur le talent, la finesse, l'amitié, l'amour, l'imagination.
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