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Disques et spectacles - Des filles, des filles, des filles... et Leonard Cohen

Sylvain Cormier   14 janvier 2012  Musique
Le nouvel album de Leonard Cohen est attendu le 20 janvier; observez bien la pochette: elle est dessinée par Cohen de sa main de Cohen.<br />
Photo : Agence Reuters
Le nouvel album de Leonard Cohen est attendu le 20 janvier; observez bien la pochette: elle est dessinée par Cohen de sa main de Cohen.
Botus et mouche cousue, comme disait Lao Tseu, histoire de ne pas avaler de mouches tsé-tsé. Pas le droit de vous parler d'Old Ideas, le nouveau Cohen, désolé, j'ai signé: à la séance d'écoute de mercredi dernier à la salle Stevie-Wonder de L'Astral, c'était la consigne; pas un traître mot, pas même de bons mots jusqu'au 20 janvier. Alors, que dire sans rien dire? Ce qu'on savait déjà: c'est du Cohen par Cohen, son douzième chez Columbia. On a tous entendu Show Me the Place, le premier extrait, et on a été émus, c'est entendu. On a la liste des titres; rien qu'avec ça, on peut se faire des airs à la Cohen: Going Home, Amen, The Darkness, Crazy to Love You, Come Healing, Lullaby, c'est fou comme ça parle. Info gratuite et autorisée: la pochette est dessinée par Cohen de sa main de Cohen. Pour le reste, pas le choix, Sony traite ça comme une sortie de film de Spielberg et on n'y peut rien: rendez-vous le 20.

On en fait moins un plat, mais ça compte autant sur ma table: très exactement le 24 janvier (mon anniversaire, c'est voulu), il y aura en magasin le nouveau Renée Martel, Une femme libre: j'aimerais aimer ça encore plus que les autres, si ça se peut. Moult collaborations, dit-on: Flynn, Séguin, Lavoie. Autre sortie chère à mon coeur, un Catherine Durand nous arrivera avant la fonte des neiges. Tout frais fini, voilà ce que l'artiste nous en dit, petit message Facebook perso: «Moins folk, plus ambiant, avec moins de guitares, mais plus de claviers. L'essentiel des arrangements a été fait en groupe.» Le groupe, c'est Cat avec les meilleurs: Joss Tellier aux guitares, Robbie Kuster (Patrick Watson) à la batterie, François Lafontaine de Karkwa aux claviers. Drogue sans drogue?

Des filles, des filles, encore des filles, vive les filles! Il y a également Marie-Pierre Arthur qui remet ça, Susie Arioli, Nanette Workman et Ariane Moffatt itou (dans la langue de Randy Cunneyworth, toutes trois), et quelques premiers albums qui me titillent la sciatique tellement je trépigne sur mon pied bot: finalement, finalement, Sophie Beaudet, la meilleure interprète des 18 ans du concours Ma première Place des Arts, sort son album: quatre ans que ça se fomente et que ça fermente. J'ai de trop grosses attentes, faut que je me calme. Il a fallu moins longtemps à la formidable trashfolkeuse Lisa LeBlanc, championne de Granby, pour s'extraire un disque du corps: avec l'aide de Louis-Jean Cormier, ça n'a pas traîné, parution en mars chez Bonsound. La vie post-Patère rose de Fanny Bloom commence pareillement sans tarder: premier solo tout bientôt, chez Grosse Boîte.

Mais encore?

Un Dumas, le nouveau Mes Aïeux forcément événementiel, un Ivy réalisé par Philippe Brault, le premier volume du projet de Légendes d'Alexandre Belliard, le double disque de Karkwa en spectacle et celui de leur gars des percus, Julien Sagot. Chez les internationaux, on notera que les deux Beatles survivants rempilent coup sur coup, le Paulo avec les chansons qu'il aimait étant marmot (Kisses on the Bottom) et le Ringo avec un album au titre qui dit ce qu'il dit: Ringo 2012. Outre nos zigotos de Liddypool, comme disait feu Lennon, on a dans le collimateur le premier album officiel de Lana Del Rey (gros émoi précoïtal, le clip de la chanson Video Games a rendu fou tout le monde cet automne), mais également le énième de l'increvable Juliette Gréco, laquelle chantera des textes d'écrivains, Amélie Nothomb autant que Philippe Sollers, et se fendra d'un duo avec Melody Gardot, sacrée Jujube... Mentionnons un Lyle Lovett qu'on n'attendait plus, un Raul Malo inespéré (fabuleux chanteur, ex-Mavericks), le retour bienvenu des Little Willies (à savoir: Norah Jones et ses potes), un Esperanza Spalding plus que souhaité et, si vous y tenez absolument, le ravalement de façade de Van Halen.

Ah oui, j'oubliais: la campagne Immersion de Pink Floyd va s'achever sur un dernier grand coup, il va falloir choisir entre ça et les REER. Après Dark Side et Wish You Were Here, c'est The Wall qui aura droit à l'édition grand luxe, en sept disques (oui, sept, plus que six et moins que huit). De quoi patienter jusqu'à la supplémentaire de Roger Waters: The Wall Live, au Centre Bell le 26 juillet. C'est bien fait, la vie, quand même.

Une saison en lumière: les spectacles

Faudra-t-il aller aux Stones, ou les Stones viendront-ils à nous? Que sera le E Street Band de Bruce Springsteen sans Clarence Clemons? Une pleine section de cuivres suffira-t-elle à nous donner autant de souffle? Est-ce à Montréal qu'on le saura? Questions sans réponses, pour le moment. Ce qu'on sait est moins intéressant: oui, Van Alain s'en vient, avec David Lee Roth; la belle affaire. Oui, on aura Rammstein, les Black Keys, Lady Antebellum, taratata boum. Et Neil Diamond. Et Johnny Hallyday. Ouais! Mon Johnny au Festival d'été de Québec, je me pince au sang. S'il chante Mon fils, les Plaines vont s'effondrer dans le fleuve.

Autrement, cet hiver, c'est presque tout au festival Montréal en lumière que ça se passe: on y vivra les premières montréalaises des Catherine Major, Coeur de pirate, Diane Tell, Antoine Gratton, Philippe B. avec le Quatuor Molinari donnant ses Variations fantômes, France D'Amour, Marie-Denise Pelletier, on y recevra des tas de Belges (My Little Cheap Dictaphone, Été 67, Stromae, le maître Toots Thielemans), on renouera avec l'ami Arthur H, on nous proposera un gros machintrucchose pour célébrer Brel (à lire tout haut dix fois: célébrer Brel, célébrer Brel...), etc.

Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien d'autre, mais l'effet souffleuse est indéniable: ça fait place nette. En périphérie, on trouvera tout de même la rentrée d'Ariane Moffatt fin février, celle des Cowboys fringants et d'Isabelle Boulay en mars, de Ginette Reno en avril, l'alléchante livraison des Monumentales alliant Bori, Jérôme Minière et Pierre Flynn en mai, ainsi que les visites du Jim Cuddy Band, de monsieur funk Charles Bradley et ses Extraordinaires, du vénérable singer-songwriter Gordon Lightfoot, et j'en passe et j'en oublie et j'en omets exprès. Non, il n'y a pas de tournée prévue pour Leonard Cohen. Ce n'est pas parce que je ne peux rien dire que je vous cacherais ça.

***

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