Les meilleurs disques anglophones en 2011 - Dissemblables et fiers de l'être
On cherchera en vain sur la planète pop le consensus, autrement qu’en chiffres: compacts homologués, téléchargements additionnés. Certes le Billboard vous dira qu’il n’y en a eu que pour Rihanna, LMFAO, Bruno Mars et autres Adele, mais la vérité est que la planète a éclaté depuis un bon moment déjà et qu’à travers l’espace en expansion, le choix est infini, les redevances infinitésimales et l’éclectisme roi. Chacun chevauche son météorite, et si d’aventure le vôtre rencontre le mien, ce sera vraiment un coup de chance.
1- Danger Mouse & Daniele Luppi Present Rome Starring Jack White & Norah Jones (Parlophone): Cette voix, c’est bien elle: Edda Dell’Orso, la soprano d’Il était une fois dans l’Ouest. Cette basse au médiator, ces chœurs, ces cordes, ce sont bien eux: les gens d’Ennio, l’armée des ombres du fameux son Morricone rassemblée dans un gigantesque studio de Rome. Il a fallu cinq ans pour mener à bien ce projet fou: un album de pièces pop originales, parfois chantées parfois pas, avec l’équipe Morricone pour instrument. Ce que ça donne? Tarantino chez Melody Nelson. Délices et félicité en stéréo et en technicolor.
2- Zoe Muth and The Lost High Rollers, Starlight Hotel (Signature Sounds): Ado à Seattle dans les années 1990 et même pas grunge? Chacun son martyr: Zoe, c’était Townes Van Zandt, et tant pis pour Kurt. Plus country-folk-roots que mam’zelle Muth, t’es l’illégitime de John Prine et d’Emmylou. Plus jeune fille blonde perdue dans le désert, tu te repasses The Last Picture Show en Betamax et tu te trouves des airs de Cybil Shepherd. C’est tout le bonheur de ce siècle: on se choisit un cactus et on le plante chez soi.
3- Eliza Doolittle, Eliza Doolittle (Parlophone): Avec un nom comme le sien, ça sent la fabrication. Mais non. L’allusion à la Doolittle de My Fair Lady est assumée, la Londonnienne est tombée dans le théâtre étant petite. Oui, elle est poupée de cire, poupée de son, et puis après? Eliza Sophie Caird sait chanter sans chiqué, fait rimer joliment ses rimes juvéniles, et sème sa pop plus légère que l’air aux quatre vents. Pensez agréable, adorable et primesautier. Sans la moindre pulsation «dance», pour changer.
4- Ben Wilkins, Back of My Head EP (Indépendant): Le premier album de l’Ontarien d’origine et Québécois d’adoption a fini par sortir (on en reparlera), mais c’est ce minidisque qui a fait l’effet bœuf: en six titres, c’était joué, sa sorte de pop épatait. Des arrangements qui étonnent autant qu’ils bercent, des mélodies complexes et fluides à la fois, du bonbon sans sucre, du somptueux sans prétention, de l’easy listening jamais facile. Le ravissement sans réinventer la roue, ça se peut.
5- Ben Harper, Give Till It’s Gone (Virgin-EMI): Mais qu’est-ce qu’il a notre néo-hippie, lui d’ordinaire si béat de bonheur qu’il en est zen? Allo maman bobo, le bon Ben. Pleure son amour. Consomme, consume sa rupture. On le saura, sa Laura (Dern, fille de Bruce Dern et Diane Ladd) l’a largué, et ça fait de fichues bonnes chansons comme de raison, ça rompt de partout, ça déchire, ça en arrache. Dur pour lui, tout bénef pour nous. L’art est injuste.
1- Danger Mouse & Daniele Luppi Present Rome Starring Jack White & Norah Jones (Parlophone): Cette voix, c’est bien elle: Edda Dell’Orso, la soprano d’Il était une fois dans l’Ouest. Cette basse au médiator, ces chœurs, ces cordes, ce sont bien eux: les gens d’Ennio, l’armée des ombres du fameux son Morricone rassemblée dans un gigantesque studio de Rome. Il a fallu cinq ans pour mener à bien ce projet fou: un album de pièces pop originales, parfois chantées parfois pas, avec l’équipe Morricone pour instrument. Ce que ça donne? Tarantino chez Melody Nelson. Délices et félicité en stéréo et en technicolor.Danger Mouse et Daniele Luppi - Black, de Rome
2- Zoe Muth and The Lost High Rollers, Starlight Hotel (Signature Sounds): Ado à Seattle dans les années 1990 et même pas grunge? Chacun son martyr: Zoe, c’était Townes Van Zandt, et tant pis pour Kurt. Plus country-folk-roots que mam’zelle Muth, t’es l’illégitime de John Prine et d’Emmylou. Plus jeune fille blonde perdue dans le désert, tu te repasses The Last Picture Show en Betamax et tu te trouves des airs de Cybil Shepherd. C’est tout le bonheur de ce siècle: on se choisit un cactus et on le plante chez soi.Zoe Muth and The Lost High Rollers - I've Been Gone
3- Eliza Doolittle, Eliza Doolittle (Parlophone): Avec un nom comme le sien, ça sent la fabrication. Mais non. L’allusion à la Doolittle de My Fair Lady est assumée, la Londonnienne est tombée dans le théâtre étant petite. Oui, elle est poupée de cire, poupée de son, et puis après? Eliza Sophie Caird sait chanter sans chiqué, fait rimer joliment ses rimes juvéniles, et sème sa pop plus légère que l’air aux quatre vents. Pensez agréable, adorable et primesautier. Sans la moindre pulsation «dance», pour changer.Eliza Doolittle - Roller Blades
4- Ben Wilkins, Back of My Head EP (Indépendant): Le premier album de l’Ontarien d’origine et Québécois d’adoption a fini par sortir (on en reparlera), mais c’est ce minidisque qui a fait l’effet bœuf: en six titres, c’était joué, sa sorte de pop épatait. Des arrangements qui étonnent autant qu’ils bercent, des mélodies complexes et fluides à la fois, du bonbon sans sucre, du somptueux sans prétention, de l’easy listening jamais facile. Le ravissement sans réinventer la roue, ça se peut. Ben Wilkins - Back of My Head
5- Ben Harper, Give Till It’s Gone (Virgin-EMI): Mais qu’est-ce qu’il a notre néo-hippie, lui d’ordinaire si béat de bonheur qu’il en est zen? Allo maman bobo, le bon Ben. Pleure son amour. Consomme, consume sa rupture. On le saura, sa Laura (Dern, fille de Bruce Dern et Diane Ladd) l’a largué, et ça fait de fichues bonnes chansons comme de raison, ça rompt de partout, ça déchire, ça en arrache. Dur pour lui, tout bénef pour nous. L’art est injuste.Ben Harper - Spilling Faith
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