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    Vitrine du disque - 11 novembre 2011

    11 novembre 2011 |Le Devoir | Musique
    Classique
    MAHLER Lieder. Julie Boulianne, Ensemble Orford, Jean-François Rivest. Atma ACD2 2665.

    Ce CD, augmenté de cinq lieder d'Alma Mahler accompagnés au piano, présente les Lieder eines fahrenden Gesellen et les Kindertotenlieder avec accompagnement de douze instruments d'Arnold Schoenberg et de Reinbert de Leeuw. Vu par Schoenberg, le procédé avait pour but de faciliter la diffusion des œuvres en réduisant les effectifs requis. Ce problème de diffusion a été résolu par l'existence même de l'industrie discographique, qui permet à tout un chacun, partout dans le monde, d'écouter les œuvres telles que composées. Ces accompagnements-ci sonnent comme de pauvrettes réductions, et non comme un «autre univers» tel celui ouvert par l'accompagnement de vents du Winterreise de Schubert (version Pentaèdre chez Atma). Julie Boulianne, placée très à l'avant-plan, déroule un exercice vocal et aligne couleurs et placements de voix. Je n'ai pas vraiment ressenti ce qu'elle nous racontait.

    Mahler, Wenn Dein Mutterlein, Ensemble Orford


    Christophe Huss


    Chanson
    LA DÉFENSE DU TITRE
    Antoine Gratton
    Sphère Musique

    Pourquoi Antoine Gratton n'est-il pas encore superstar? Il en a l'habit et le maquillage, il est doué à ne plus savoir où donner du don, et chaque nouvel album devrait être l'album de l'explosion tellement c'est bon. Encore une fois, les mélodies heureuses lui sortent de partout, à en rendre Elton jaloux, l'être grégaire qu'il est s'amuse toujours aussi jouissivement avec les copains-copines (le plus souvent Misteur Valaire et Fanny Bloom, ce coup-ci), les arrangements concoctés avec le frère de musique Éloi Painchaud n'en finissent plus de ravir (le hard-funk de Tes chaleurs, le groove d'orgue 60's de Dis-nous c'que tu veux, les cordes exquises à gauche et à droite, c'est de l'inspiré tout le temps), et en plus, il nous dit des choses sur lui-même et sa vie mouvementée. «Sans toi je suis sans-coeur», résume-t-il dans Tes chaleurs. Il est question de rupture et d'évasion à New York et de bougeotte incurable. Passionnant. Quand serons-nous des milliers à le penser?


    Sylvain Cormier



    Musique métissée
    Second Nature
    Minor Empire
    World Trip

    De Toronto, la chanteuse Ozgu Ozman tisse l'une des plus belles musiques à partir de ses racines turques: tout en élégance, l'interprétation est raffinée dès le départ. Et Osman marie sa voix aux splendides croisements de guitares électriques et atmosphériques. On reste souvent dans les maqâms turcs, on ajoute des climats planants et on invite un musicien de marque dans presque toutes les pièces. Le maître clarinettiste Selim Sesler n'a besoin que de quelques notes pour habiter les créations. Deux Montréalais sont invités: Ismail Hakki Fencioglu, qui fait brillamment respirer son oud, et la kanouniste Didem Basar, qui interagit si délicatement avec les guitares de Michael Occhipinti et d'Ozan Boz, lequel s'avère également un maître de la douce texture électro. Il s'agit bien de cela: le disque propose un équilibre quasi parfait entre les climats d'intimité et les claques percussives, entre la nuit des temps et l'urbanité qui s'y fond.


    Yves Bernard



    Classique
    CHOSTAKOVITCH
    Symphonies nos 6 et 16. Orchestre philharmonique de Liverpool, Vasily Petrenko. Naxos 8.572 658.

    Naxos peut se féliciter d'avoir eu l'idée de graver avec Vasily Petrenko une intégrale Chostakovitch qui, une fois achevée, ne devrait céder en rien à celle de Jansons (EMI). Petrenko, dont on se rappelle le CD des Danses symphoniques de Rachmaninov chez Avie, s'attaque ici à la noire Sixième et à la guerrière Douzième, deux symphonies très bien documentées mais jamais couplées. Dans la 6e, Petrenko frappe par l'excellence de ses deux derniers mouvements; le 1er, encore plus lourd, est poignant chez Reiner, Kondrachine, Mravinski, Barshaï et Jurowski. La hargneuse 12e Symphonie est clairement la dauphine de l'enregistrement Mravinski, un chef archi-dominant ici. Il manque juste à Petrenko ce qu'il ne peut créer à Liverpool: des couleurs orchestrales plus crispées. Mais pour l'art de la direction et le rapport qualité/prix, on se situe aux sommets.


    C. H.



    Livre-disque
    J'AI UN BOUTON SUR LE BOUT DE LA LANGUE
    Artistes divers
    La Montagne secrète

    «Boyard»: civière à bras. Comme dans: «Ils l'ont couché sur un boyard / Ils l'ont coupé comme un morceau de lard». Décidément, les livres-disques de La Montagne secrète sont bien faits. Il y a ainsi un petit glossaire sous chaque texte de La Bolduc, en plus de l'illustration (naïve exprès) de Josée Bisaillon: forcément, depuis 70 ans qu'elle n'est plus là, il y a des mots moins usuels dans les chansons de Mary Travers. Mais pour l'essentiel, l'actualité est criante: Les médecins, la chanson en question, parle de l'acharnement thérapeutique. «C'est à qui serait le plus fort / Pour ressusciter les morts...» Tout le monde a la grippe, Les maringouins, toutes les chansons exultent au présent, telles que ravivées par Bïa, Florence K., Gaële, Geneviève Bilodeau et Jorane. Lesquelles seront à la matinée que propose à nouveau La Montagne secrète en ce dernier dimanche du Coup de coeur: c'est au Monument-National, dès 11h.

    S. C.

    Musique métissée

    Slide to Freedom
    20,000 miles
    Northern Blues Music

    Les glisses de la liberté sont celles de deux cordistes et d'un chanteur percussionniste qui surfent sur quelques styles indiens et américains. Certaines pièces pénètrent davantage l'Ouest, d'autres s'imprègnent plus de l'Inde, à 20 000 miles plus loin. D'un côté, le trio explore le tabla et les incantations de la poésie ghazal; de l'autre, les dialogues entre des cordes comme la guitare acoustique, différentes formes de guitares à résonateurs et le satvik veena, un hybride entre veena, sitar et banjo. La majorité des pièces ne sont pas interprétées dans la forme originale et les contrastes entre les guitares slide des deux mondes qui se répondent sont fort bien exploités. On fait même appel à trois membres des Campbell Brothers, des spécialistes de la Sacred Steel Tradition gospel, et à Bettysoo, une Darling de l'Americana d'Austin qui bluese. Elle chante aussi du Hank Williams en folk percuté au tabla. Une belle rencontre.

    Y. B.












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